Par DDK | 15 Juin 2009 | 4943 lecture(s)

Mahfoud Boucebci, le martyr de l’honneur

Hier, l’Algérie célébrait le seizième anniversaire de l’assassinat du professeur Mahfoud Boucebci, l’un des fondateurs de la psychiatrie en Algérie. Professeur émérite et auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, dans le domaine, la haine avait eu raison de lui. En cette journée de 15 juin 1993, le militant démocrate et laïque qu’était Mahfoud Boucebci tomba entre les griffes d’assassins qui le ravirent, d’abord à sa famille puis au monde intellectuel et militant.

Sa stature scientifique et son abnégation lui donnèrent une renommée internationale. Il était président de la Société algérienne de psychiatrie (SAP), puis vice-président de la Société internationale de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. Cette dernière travaillait en collaboration avec de l'Unicef.

Mahfoud Boucebci n’était pas seulement cet intellectuel, il était aussi un fervent militant démocrate et laïque. Avec le groupe de militants démocrates, il participa, en 1985, à la création de la première Ligue algérienne des droits de l’Homme, où il défendit avec acharnement les droits des femmes, des enfants…

Après l’assassinat du journaliste-écrivain Tahar Djaout, le professeur Boucebci créa, avec d’autres intellectuels et journalistes, le Comité de vérité sur l’assassinat de l’écrivain et journaliste Tahar Djaout.

C’était à la veille de son assassinat. Le lendemain, soit le 15 juin 1993, il sera sauvagement poignardé, à la sortie de l’hôpital psychiatrique Drid-Hocine d’Alger. Il fut la cible des assassins, qui avaient auparavant, ciblé, Djilali Liabès, Lâadi Flici, Senhadri, Tahar Djaout.

Comme beaucoup d’autres intellectuels, artistes, écrivains et anonymes victimes d’une sauvagerie intolérable, Mahfoud Boucebci, avait posé les jalons d’une Algérie moderne, démocratique et respectueuse de tous.

Une barbarie islamiste qui a emporté des milliers de citoyens, des centaines d’intellectuels, que nul ne pourra effacer de la mémoire collective des Algériennes et des Algériens. A chaque anniversaire de leur assassinat par les hordes terroristes islamistes, les criminels sauront que l’Algérie n’avait pas enterré leurs victimes, mais au contraire, par leur geste, ils leur ont donné une vie éternelle.

M. Mouloudj

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