Par DDK | 12 Septembre 2018 | 916 lecture(s)

Draâ El-Mizan

Tala Boufantas aménagée

Si la direction de l'hydraulique inscrit chaque année des sources à aménager, les citoyens ne restent pas, eux non plus, les bras croisés. En effet, l'exemple nous vient de Bezazoua, un village situé sur les hauteurs de la ville, dans l'aâch Inezliouène. Les jeunes de ce village ont initié l'aménagement de la source dite "Tala Boufantas" sise sur le chemin qui relie ce village à Tizi-Gheniff, en passant par Tala Mokrane. «C'est une idée qui est née autour d'une discussion entre les jeunes du village. Cette source a un débit fort. Avant, elle était dotée de robinets, mais les passants et les automobilistes gaspillent son eau. Alors, ils ont réfléchi à la doter tout d'abord d'un préau et aussi de petites portes métalliques trouées, ne laissant passer que le diamètre d'un tuyau afin d'éviter le gaspillage», explique un citoyen du village. Du coup, des matériaux ont été achetés par le comité et les jeunes ont lancé l'opération en organisant des volontariats, si bien qu'aujourd'hui Tala Boufantas est devenue un point de chute pour tous les automobilistes qui empruntent ce chemin communal. «C'est propre. Vraiment, nous remercions les habitants de ce village qui ont aménagé cette source. C'est plus pratique pour puiser de l'eau et celle-ci n'est pas gaspillée», dit un automobiliste qui vient spécialement de la ville de Draâ El-Mizan pour remplir ses jerricans. Dans une virée sur les lieux, un octogénaire rencontré sur place nous raconte: «Durant la guerre de libération nationale, notre village était une zone interdite, parce qu'il était une zone tampon entre la wilaya 3 et la wilaya 4. Les moudjahidine qui passaient par là, s'arrêtaient souvent pour boire de cette eau bénie. D'ailleurs, ils ne furent jamais surpris par l'armée française. Peut être, c'était grâce à la baraka de Tala Boufantas».Néanmoins, à noter que Bezazoua est un village martyr avec pas moins d'une trentaine de chahids. Aujourd'hui, avec l'annonce du choléra, les habitants du village ne craignent rien parce qu'ils la nettoient souvent, la javellisent et y déposent des briques poreuses. «Son eau est potable. Ne craignez rien. Elle est propre», nous dit un autre automobiliste qui s'est arrêté pour remplir quelques bouteilles. En tout cas, il nous a été donné de constater que les autres fontaines n'ont pas été désertées même si ces derniers jours beaucoup d'encre a coulé sur l'apparition du vibrion cholérique. «Nos fontaines sont nettoyées et javellisées avant l'annonce de cette maladie», nous confie une source proche de l'APC. En définitive, ces derniers temps, nombreux sont ceux qui recourent à l'achat de l'eau minérale ou qui puisent l'eau de sources parce que, jugent-ils, l'eau du robinet laisse toujours un arrière-goût.

Amar Ouramdane

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