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“Le pouvoir doit cesser de jouer au droit d’aînesse”

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Les réponses développées par M. Abdesselam ont portées essentiellement sur la langue maternelle qui est le premier élément par lequel la personnalité de l’individu se forme depuis sa naissance jusqu’à l’âge de raison. La période que l’enfant passe du berceau, a-t-il souligné, jusqu’à sa scolarisation "est très déterminante pour son devenir plus tard".

Intervenant sur BRTV, Abdesselam Abdennour, militant et chercheur linguiste, a estimé, dans l’émission, animée par Kamel Tarwiht, et consacrée au rôle important que joue la langue maternelle dans le processus d’éveil et du devenir chez l’enfant, qu’il est "scientifiquement démontré que les premiers sons que l’enfant entend, les premières images qu’il voit et les premières odeurs qui lui parviennent, le marquent d’une manière indélébile et ineffaçable toute sa vie".

Les réponses développées par M. Abdesselam ont porté essentiellement sur la langue maternelle qui est le premier élément par lequel la personnalité de l’individu se forme depuis sa naissance jusqu’à l’âge de raison. La période que l’enfant passe du berceau, a-t-il souligné, jusqu’à sa scolarisation "est très déterminante pour son devenir plus tard". Sur ce sujet, M. Abdesselam a mis l’accent sur l’expérience contraignante que vivaient et vivent encore les enfants amazighs dans l’écoles.  L’invité de Berbère télévision a ajouté, toujours dans le même sillage que "lorsque la langue maternelle ne trouve pas de prolongement immédiatement à l’école, comme c’est le cas chez nous, il se produit alors une contrariété et un bouleversement psychologique chez l’enfant". Plus précis, il explique qu’il est scientifiquement établis que l’enfant, depuis l’âge de sa scolarité jusqu’à, peu près 12 ans, est capable d’assimiler deux ou trois langues à la fois sans aucun désordre mental si ces langues lui sont proposées en tant que langue de  pédagogie et de richesse. Or, a-t-il fait remarquer, dans notre cas précis, "la langue arabe est plutôt chargée d’une mission idéologique qui consiste à ôter à l’enfant sa langue maternelle dont l’objectif sournois est de le transformer linguistiquement, culturellement et sur le plan de la pensée pour enfin le dépersonnaliser et brouiller son identité. L’enfant est alors déstabilisé et, une fois devenu adulte, il se produira le phénomène boomerang où il regrette  et se rebelle contre cette langue transformée en outil agressif".

Interrogé sur les indicateurs du processus d’intégration de la langue berbère à l’école, il a souligné qu’ils montrent bien que "les structures de l’état en charge de son développement, hormis le HCA et quelques directions locales, travaillent plutôt à son ralentissement, son affaiblissement visant à terme la remise en cause des acquis techniques et constitutionnels". Sans mâcher ses mots, il a ajouté que "les plus hautes instances politiques du pays doivent ou intervenir pour redresser la situation, si tant est leur volonté, ou alors assumer les graves conséquences à venir".

Evoquant la question d’une académie amazighe et de l’institution de régulation promises par le président candidat  lors de sa campagne électorale, Abdesselam Abdennour a estimé que "toute avancée sur l’avenir de la région et de la question berbère dépend de son attitude face aux 126 jeunes Kabyles morts en 2001 ainsi que les 6000 blessés graves".

Rappelant qu’après l’avoir entendu s’incliner devant leur mémoire et assumer ainsi toute la responsabilité de l’Etat dans ce grave dérapage, il a estimé que "tout reste possible, si et seulement si, la volonté politique n’est pas une autre feinte électoraliste".

Et d’ajouter que "nous savons accueillir une main tendue lorsqu’elle est saine, sans arrière-pensée et que le très lourd passif humain soit administrativement, immédiatement et véritablement pris en charge".

Enfin, M. Abdesselam a indiqué que les solutions des questions techniques sont alors largement réalisables.

Cela ne veut pas dire, selon son avis que "nous abdiquons".

Il a précisé, par ailleurs à ce sujet que "nous restons vigilants et qu’il y a bien une différence et un intervalle entre le temps révolu des applaudissements qui appartiennent au passé et l’instant de prise de décisions sérieuses imposées par la fermeté de notre revendication qui se conjugue au présent".

Et de conclure que "le pouvoir doit cesser de jouer au droit d’aînesse, car cela ne lui réussira jamais et tout le monde sera perdant ".

M. Mouloudj

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