Tamazight est-elle une épreuve comme toutes les autres ?
Il y a près de deux semaines, il a été signifié, de la manière la plus officielle, à des élèves de terminale du lycée Ibn Badis de M'chedellah, qu'ils étaient dispensés de l'épreuve de tamazight. Frustrés, ces élèves ont tout de suite réagi avec colère.
Cette réaction n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Benbouzid a en efft réagit. Interpellé sur cette exclusion, lors de sa visite à Bouira la semaine dernière, Benbouzid répondra tout simplement que «tamazight est une langue et est une épreuve comme toutes les autres». Ainsi, Benbouzid freinera net «l'excès de zèle» de ses fonctionnaires responsables de ce grotesque dérapage pédagogique.
Tout était donc rentré dans l'ordre. C'est du moins ce que supposait l'intervention du ministre de l'Education. En fait, pas vraiment.
L'excès de zèle trouvera un autre moyen de revenir à la charge : les candidats au bac, concernés par tamazight, seront invités au lycée de M’chedellah pour qu’on leur remette… la fameuse fiche de vœux. Autrement dit, on a décidé que l’épreuve de tamazight soit optionnelle.
Ce qui va à contresens de "tamazight est une épreuve comme toutes les autres" de Benbouzid. Voilà donc que des responsables, à l’échelle locale s’agrippent à l’idée que "tamazight n’est pas une langue comme toutes les autres", une idée dépassée par le temps et par l’espace.
Des excès de cette nature, tamazight en a connu. Mais, survenue à trois jours de l’examen du baccalauréat, cette sortie des cols blancs de l’estrade ne manquera pas de stresser encore davantage les candidats .
T. O. A.



