Des grives suspectes

Des oiseaux migrateurs, des grives notamment, ont été récemment retrouvés morts par des citoyens au niveau de la forêt de Belaïel, à une quinzaine de kilomètres d’Ighil Ali. N’ayant pas fait un lien avec la grippe aviaire, ces citoyens ont tout bonnement abandonné ces oiseaux sans alerter les autorités compétentes. Par conséquent, ces volatiles ne sont pas soumis à un examen médical pour déterminer la cause de leur mort. Bien que certaines personnes réfutent la thèse de l’épidémie de grippe aviaire et attribuent la mort de ces oiseaux à la chaleur accrue de ces derniers jours, la peur du spectre de cette maladie qui sévit dans certaines régions d’Asie et d’Europe est légitime, d’autant que jamais tel phénomène n’a été constaté dans la région auparavant. Le problème est donc à prendre au sérieux. A l’approche de l’hiver, période par excellence de la chasse aux grives et étourneaux, des mesures vétérinaires s’imposent pour contrôler l’état de santé surtout des oiseaux migrateurs et déterminer s’ils ont attrapé le virus de la grippe aviaire afin d’éviter leur contact avec d’autre volatiles. Enfin, si le risque de l’épidémie s’avère réel, la chasse aux grives, cette année, risque de ne pas avoir lieu, ce qui ne sera certainement pas du goût de ses nombreux amateurs. « Dans tous les cas de figure, je ne peux personnellement me passer de ma grande passion, quitte à capturer des oiseaux et les libérer ensuite », ironise un « coiffeur » d’Ighil Ali.

Karim Kharbouche