l Jamais saison d’olives n’a été aussi brève que celle de cette année, à Tifra. Si les années précédentes, il fallait au moins un mois pour les familles, afin de mener à terme la récolte, pour cette année, une semaine suffit amplement. Il en est même, qui ont fait le tour de leur oliveraie en trois jours. C’est dire combien la récolte est très faible, au point de faire craindre à certains, l’envolée du prix du litre d’huile qui se négocie actuellement entre 200 et 250 DA. La raison de cette mauvaise récolte est due aux fortes neige, qui sont tombées l’hiver passé dans la région. Les conséquences sur les oliveraies ont été tragiques certains parlent même de « massacre à grande échelle ». Déracinés, brisés, cassés, les oliveriers se sont retrouvés, après la fonte des neiges, dans un piteux état, qui les rendra moins productifs pour deux ou trois bonnes années. Le manque d’entretien a joué aussi son rôle dans cette faible récolte. Beaucoup d’oliveraies, pour ne pas dire toutes, sont laissées à l’abandon et ne sont visitées qu’au moment de la récolte ; comment peut-on attendre d’un olivier qu’on n’a pas taillé, qu’on n’a pas entretenu, une récolte, satisfaisante ? Cet esprit qui consiste à vouloir avoir beaucoup d’huile, avec un minimum d’effort a bien fait son nid chez beaucoup de citoyens. Forts de cette croyance qui dit que « l’olivier est un arbre noble, robuste, qui se suffit à lui-même et qu’il n’a pas besoin d’être entretenu pour produire » ; tout le monde ou presque délaisse les oliviers en les confiant à la volonté de Dieu. Il se pourrait qu’un jour, nos oliviers, plusieurs fois centenaires, disparaissent à jamais de nos paysages, par manque d’entretien. Vu la brièveté de cette saison, les huileries ont déjà commencé à fonctionner, au grand bonheur des fellahs pressés qu’ils sont de faire rentrer chez eux leur production d’huile.
Boualem B.
