Par DDK | 7 Juillet 2018 | 1275 lecture(s)

Baghlia

En attente d’un développement durable…

Bien que la commune de Baghlia soit considérée, et à juste raison, comme l’une des plus riches municipalités de la wilaya de Boumerdès, elle n’arrive curieusement pas à prendre son élan en matière de développement.

A vocation agricole, la commune de Baghlia s’étend sur une superficie fertile de 61 Km² et dispose de potentialités énormes qui peuvent lui permettre aisément de sortir définitivement d’un sous-développement pesant, si les responsables locaux, qui se sont succédé à sa tête, avaient su les exploiter à bon escient. Les dizaines de milliards de centimes engrangés par le marché hebdomadaire datant de l’ère ottomane et les perpétuels enveloppes financières allouées par l’État dans le cadre des plans communaux de développement et autres budgets de wilaya, depuis le découpage administratif de 1984 à ce jour, auraient largement suffi à donner une autre dimension à cette commune sise à l’est du chef-lieu de la wilaya de Boumerdès, et dont la population globale est estimée à environ 20 000 âmes réparties sur 12 villages. Malgré ces richesses enviables, un membre de l’exécutif de la commune, Kamal Iglouli, incombe le retard accusé dans le développement de la région aux maigres budgets de la municipalité et à l’absence de projets d’investissements durables et porteurs de richesses. Pour appuyer ses propos, un membre élu indiquera que l’enveloppe financière estimée à 5 milliards de centimes allouée pour la commune de Baghlia dans le cadre du plan communal de développement (PCD) au titre de l’année 2018, ne permettra même pas de mener à terme des travaux d’aménagement d’un seul village. Et d’ajouter avec amertume : «Cette maigre enveloppe financière, nous l’avons consacrée seulement à l’amélioration des réseaux d’assainissement et d’alimentation en eau potable défectueux de quelques villages. Cela dit, les villages qui n’ont pas bénéficié de cette enveloppe se plaignent également des mêmes difficultés auxquelles vient s’ajouter l’absence du gaz de ville. Aux 5 milliards alloués dans le cadre du PCD, est venue se greffer une enveloppe financière estimée par notre interlocuteur à 1, 4 milliard de centimes destinée à la pose du gazon synthétique au niveau des aires de jeux du village agricole et du centre-ville. Le chef-lieu de commune qui est également chef-lieu de daïra déplore des carences multiples : dégradation des routes et des trottoirs à certains endroits, défection des réseaux d’eau potable et d’assainissement dont la réalisation remonte à près d’un demi-siècle et dont la rénovation nécessitera quelques 16 milliards de centimes, d’où la nécessité urgente pour les autorités de demander des enveloppes financières supplémentaires et d’opter également pour l’exploitation de la zone d’activité de Baghlia à des fins de revenus salvateurs pour une sortie certaine du cercle du sous développement.» Près de trois siècles après avoir vu le jour, le marché de Baghlia, qui a engrangé des dizaines de milliards de centimes pour la municipalité de l’ex-Rebeval, est devenu une source de nuisance pour la population. Les lundis, jours de marché hebdomadaire, le centre-ville, qui voit arriver des centaines de véhicules de divers tonnages et des dizaines de milliers d’usagers, suffoque. Pour notre interlocuteur, les routes reliant Ouled Hmida-Cherraba via la RN25 et la route reliant le village agricole jusqu’aux frontières avec la commune de Taourga, nécessitent un revêtement, et que les châteaux d’eau de Draa El Djilali et de Goufaf souffrent de l’insuffisance d’eau potable à cause de l’insuffisante capacité des châteaux d’eau qui les alimentent. Et d’ajouter : «afin de permettre aux camions de gros tonnage de passer par le centre-ville de Baghlia, la nécessité de réaliser un autre pont, qui relierait les villes de Tizi-Ouzou, Boumerdès et Alger au chef-lieu de notre commune, s’impose comme une nécessité incontournable. Voici par ailleurs la liste des opérations retenues dans le cadre du PCD 2018 : réalisation d’un réservoir d’eau potable de 200 M3 à Ouled Benchabane, Ben Arous et Lethnine pour une autorisation préliminaire (AP) estimé à 10 000 000 de dinars, équipement et sécurisation du forage de la station alimentant le village Sebaou pour une (AP) de l’ordre de 5 500 000 dinars, équipement et raccordement de la station de Benhamza pour l’AEP de Ouled Hmida pour une (AP) se chiffrant à 5 millions de dinars, réalisation d’un réseau d’assainissement à Goufaf pour une (AP) de 4 500 000 dinars, Achèvement du réseau d’assainissement à la rue Soumani sur 300 mètres linéaires pour une (AP) de l’ordre de 7 millions de dinars, aménagement des voiries urbaines de la rue Soumani pour une (AP) estimée également à 7 millions de dinars, achèvement du marché de proximité pour une (AP) se chiffrant à 6 millions de dinars, augmentation de la capacité de pompage de la station de pompage (SP) de Goufaf pour une (AP) égale à 4 millions de dinars et enfin réalisation de deux aires de jeux pour une (AP) estimée à 14 millions de dinars, soit 7 millions de dinars chacune. D’après notre interlocuteur, toute la commune est alimentée en gaz de ville à l’exception des villages de Draâ El Djilali, Dar El Beida et Kouanine, tenant à préciser que les villages de Tazrout, Lethnine Laqdim, Dar Bouni et Ben Arous sont inscrits et seront alimentés en gaz de ville incessamment. Enfin, notre interlocuteur clôturera son intervention par un appel aux pouvoirs publics, notamment le ministère de la Santé, de la Population et de la réforme hospitalière : «Afin d’atténuer la forte pression qui s’exerce continuellement sur l’hôpital de Dellys, une commune voisine, nous souhaiterions que notre commune bénéficie dans un avenir proche d’un hôpital de 60 lits comme promis à notre localité il y a de cela quelques années». Hocine Amrouni
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