Par DDK | 23 Juillet 2018 | 1202 lecture(s)

Boumerdès

Pénuries d’eau potable persistantes

La crise d’eau potable refait surface dans plusieurs localités de la wilaya de Boumerdès. En cette période estivale, la demande sur ce liquide vital augmente, alors que l’offre se raréfie.

Les énormes efforts déployés par les autorités locales pour assurer une alimentation régulière en eau potable des populations n’ont pas été efficaces. Des régions entières, notamment rurales, sont sans eau potable depuis plusieurs semaines, voire des mois. Aux Issers, les habitants du village Ighomrassen n’ont pas vu couler ce liquide de leurs robinets depuis près de trois semaines. «Notre village est pourtant raccordé au réseau d’AEP depuis plus de cinq ans, mais la pénurie n’a jamais cessé», nous dira un villageois. Notre interlocuteur ajoute que «la région recèle pourtant d’importantes ressources en eau en raison de sa nappe phréatique qui devrait être exploitée avec des forages». Un peu plus à l’Est, précisément à Benchoud, une commune rurale, l’eau se fait, également, de plus en plus rare. Plusieurs villages en sont privés. C’est le cas du village Harchaou où l’eau n’a pas coulé depuis plus de vingt jours des robinets. Cette situation a provoqué l’ire des villageois qui ont exprimé leur colère devant le siège de l’APC et celui de l’Algérienne des eaux qu’ils ont fermé. La région est alimentée depuis les forages de l’oued Sebaou. Là, un problème environnemental surgit : les nappes phréatiques sont menacées de disparition en raison de l’exploitation effrénée et du pillage du sable. Cinq forages s’y trouvant et alimentant Tadmaït et une partie de Timezrit sont secs. Des villageois d’Afir, à l’extrême Est de la wilaya, ont fermé, à leur tour, le siège de l’Algérienne des eaux (ADE) pour protester contre la pénurie d’eau potable qui frappe leur localité. Cette pénurie touche en effet depuis plusieurs années la commune de Timezrit et la population vit un véritable calvaire qui ne finit pas. Et la pénurie persiste même en hiver. Les villageois se disent «abandonnés et oubliés». Nordine, membre du comité de village, nous dira : «La direction des ressources en eau de la wilaya avait promis aux villageois une alimentation en eau potable 24H/24, juste après l’achèvement des travaux de raccordement de huit communes à la station de dessalement de l’eau de mer de Cap Djenet». La station a en effet été mise en service depuis quelques temps déjà et alimente quelques communes, notamment Legata et Zemmouri, mais les travaux d’installation des conduites qui devraient alimenter le versant Sud-est de la wilaya sont à l’arrêt, «à cause du manque de financement», indique-t-on. Par ailleurs, ces pénuries sont également provoquées par les grandes quantités d’eau potable qui se perdent dans la nature, à cause des fuites qui sont légion sur le réseau de raccordement, dénonce-t-on encore. Près de 45 % de l’eau potable pompée à travers la wilaya serait ainsi gâchés à cause de conduites défectueuse. Et ce gâchis touche tout le territoire national. Le ministre des Ressources en eau, M. Necib, a en effet affirmé, il y a quelques semaines, que le taux national de fuite d’eau potable «s’élève à 30 %».
Youcef Z.

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