Par DDK | 2 Aout 2018 | 1376 lecture(s)

Aïn El Hammam - Sit-in devant le tribunal

Contestation d’une décision d’expulsion

Près d’une centaine de personnes se sont rassemblées, avant-hier, face au tribunal d’Aïn El Hammam pour contester une décision de justice prononcée, il y a quelques mois, à l’encontre d’un père de famille sommé de libérer la maison qu’il occupe. Des représentants des villages d’Ath Menguellet sont venus également soutenir leurs voisins de Tillilit dont est issue la famille menacée d’expulsion de la maison individuelle qu’ils habitent, selon des témoins, depuis plus d’une trentaine d’années. Nous pouvons lire sur l’unique banderole tenue par de jeunes villageois «Halte à l’injustice». Se considérant lésé par la décision d’expulsion, le chef de famille, entouré de ses amis et d’autres citoyens venus le soutenir dans cette épreuve, essayait d’expliquer : «Je ne suis pas là pour prendre ce qui ne m’appartient pas. Mais pour garder ce qui me revient de droit», dit-il. Notons que le juge avait dû, une première fois, suite à un autre sit-in, surseoir à l’expulsion de «la famille qui n’a pas d’autre habitation que celle léguée par leurs parents et aujourd’hui, remise en cause», disent les villageois. Le procureur de la république en charge du dossier, saisi par écrit par les comités des villages de la région, étant absent, les protestataires furent reçus, à huis clos, dans la salle d’audience par un de ses collègues qui leur a fixé rendez-vous pour dimanche prochain. «L’affaire est compliquée», selon des témoins au fait du dossier qui nous racontent que «tout allait bien lorsque les pères des protagonistes étaient vivants. Ils cohabitaient dans la même maison pendant de nombreuses années. Ce n’est qu’à leur mort qu’un problème d’héritage survint. Les cousins qui n’arrivent pas à s’entendre sur le partage s’en remettent à la justice qui décida d’expulser les héritiers d’un des deux frères. Une décision contestée, non seulement par le concerné, mais également par son village et les villages voisins qui refusent de voir un des leurs mis à la rue.

A. O. T.

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