Par DDK | 16 Aout 2018 | 1175 lecture(s)

Draâ El-Mizan

Pas reluisante la récolte des figues !

«Nous sommes déjà à la mi-août, dans ma figueraie, je n'ai pas encore cueilli un kilo de figues fraîches», nous dira un agriculteur d'El Anceur sur les hauteurs de la ville.

Effectivement, si en principe, à cette période de l'année, les claies sont déjà pleines de figues et des cagettes entières de figues fraîches abondent sur les étals du marché et les abords des grandes routes traversant la localité, aujourd'hui, rien ! De quoi dire que c'est une année sabbatique. Nombreux sont les citoyens de la région qui disent ne pas encore avoir goûté à ce fruit. «Non seulement je n'ai pas encore gobé une figue fraîche, mais je vous jure que je n'en ai même pas encore vu», nous répondra un autre habitant de Hennia, pourtant, connue pour ses belles figues. Beaucoup de raisons sont données à ce sujet. «Il a plu beaucoup en mai et même en juin. Les figuiers ont perdu leurs fruits avant même de commencer à grossir. Puis, il y a eu le sirocco, qui a atteint les fruits restants. En tout cas, cela fait des années qu'un tel phénomène ne s'est pas produit. C'est une perte sèche pour nous», ajoutera un autre citoyen de Tazrout. Les quelques kilos qu'on voit exposés sur les étals arrivent des zones côtières où le fruit ne serait pas affecté. Quant au prix, la figue fraîche est à 300 dinars le kilo, voire plus. «Qui peut se permettre un kilo de figues à ce prix?», nous interrogera un client qui marchandait avec un revendeur. Quant aux agriculteurs, ils voient leur récolte insignifiante. «C'est une saison de disette pour nous. Pourtant, je vendais des quintaux de figues sèches», regrettera un propriétaire d'une importante figueraie à Boufhima. De l'autre côté, la figue de barbarie se fait encore plus désirer. Au marché de la ville, on n’a relevé que deux ou trois adolescents à proposer ce fruit. «Pour remplir une cagette de vingt kilos, il a fallu faire de nombreux champs. Les premiers fruits sont cueillis avant le lever du soleil par les maraudeurs qui rodent dans les parages. L'an dernier, à cette date précise, on remplissait des bidons entiers. Pour cette année, il n'y a rien à cueillir, à peine quelques kilos. La récolte est tombée avant de mûrir, on ne comprend rien. Est-ce dû au réchauffement climatique ? Vas savoir !», nous dira un quinquagénaire qui vendait ce fruit à 100 dinars le kilo. Du côté des clients, tous trouvent que c'est trop cher. «Acheter cinq kilos à cinq cents dinars, ce n'est pas donné à tout le monde. Que se passe-t-il, cette année? Ni figue fraîche ni figue de barbarie», ne cesse de dire un client qui passait et repassait devant les deux ou trois revendeurs de figues de barbarie, négocier le prix pour se permettre quelques figues. Si on comparait le prix demandé par rapport au prix de l'an dernier, il est trois à quatre fois plus cher. Par ailleurs, les prix des autres fruits de saison ne sont pas en reste. Le raisin est toujours à 200 dinars le kilo pour le cardinal et 400 dinars pour les autres variétés, (deux fois plus cher que l'an dernier), la pastèque est vite passée de 20 à 50 dinars le kilo dans certains espaces de vente de fruits et légumes et les commerçants prévoient la rareté de ces fruits d'ici quelques jours. A coup sûr, la flambée de tous les prix n'attend que l’approche de la fête de l'Aid El Adha. Cette ne verra pas que les moutons à «saigner».

Amar Ouramdane

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