Par DDK | 23 Aout 2018 | 1189 lecture(s)

AOKAS - Célébration de l’Aïd El-Kebir

Le sacrifice de moins en moins pratiqué

Cette année, il n’y a pas eu beaucoup de monde à respecter le rite du sacrifice au niveau de la région d’Aokas.

Pour en savoir plus, nous avons mené une enquête auprès des ménages et des bouchers du chef-lieu communal. En faisant un calcul approximatif, les bouchers ont été sollicités par près d’un millier de clients qui ont commandé des quotas spéciaux pour l’Aïd. Ceux-ci sont constitués, généralement, d’un kilogramme de foie, de côtelettes et steaks pour la grillade, d’un morceau de viande bovine pour les brochettes et d’un gigot ou d’une épaule pour le couscous et les boulettes de semoule (Laasbane). Le tout pour la modique somme d’un million à un million et demi de centimes. Quelques uns cassent la tirelire pour arriver à presque deux millions de centimes en achetant, en plus de ce quota, une tête de moutons avec les abats pour faire le farci de riz avec les boyaux et autres tripes. Mais ça reste toujours moins onéreux que l’achat d’un mouton dont le prix a oscillé entre 3 et 5 millions. «Cela fait plusieurs années que nous enregistrons des commandes à la veille de l’Aïd El Kebir, mais cette année, le nombre a augmenté», fera savoir un boucher de la localité d’Aokas. Celui-ci dira qu’il a eu une centaine de commandes qu’il était obligé de préparer durant la nuit du dimanche au lundi afin de savoir ce qu’il lui restera comme viande à exposer à la vente. Même son de cloche chez d’autres bouchers que nous sommes allés voir. Cette nouvelle méthode de célébration de la fête du sacrifice pour laquelle ont opté plusieurs ménages fait de plus en plus d’émules alors qu’ils étaient une dizaine à tout casser à l’adopter, il y a une vingtaine d’années. «C’est vrai qu’avant je respectais le principe du sacrifice car avec mon salaire je pouvais acheter un mouton et répondre aux besoins de toute la famille. Mais aujourd’hui que les enfants ont grandi et que le prix du mouton s’est envolé, je ne peux plus le faire. Je préfère acheter de la viande et passer l’Aïd selon mes moyens», avouera Mahmoud, un habitant de cette belle station balnéaire. Par contre, contrairement aux habitudes ancrées dans la société qui faisaient que le premier jour de l’Aïd, à partir de neuf heures, de la fumée se dégageait des maisons par le flambage de la tête et des pieds de mouton pour préparer bouzelouf», avec la nouvelle manière de célébrer l’Aïd, c’est de la fumée émanant des barbecues qui emplit l’air. En effet, c’est tout le monde qui se met aux brochettes de bon matin. C’est un Aïd moins cher et, surtout, moins fatigant pour les femmes qui n’ont pas à nettoyer les tripes et à faire les autres corvées propres à ce genre d’événements.

A Gana.

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