Par DDK | 27 Aout 2018 | 3194 lecture(s)

Béjaïa - Plusieurs quartiers croulent sous les ordures

Un coup de balai s’il vous plait !

Au pied des immeubles de la commune de Béjaïa, les ordures ménagères s’amoncellent.

Des sachets remplis de restes de légumes, fruits et autres carcasses de poulets consommés la veille, sont traînés par des chats et des chiens errants, de nuit comme de jour à travers les ruelles des quartiers de la ville. Cette situation perdure depuis des jours maintenant, et les autorités communales de Béjaïa semblent incapables d’y remédier. De la cité Séghir jusqu’à Iheddaden en passant par Tala Markha, Tazeboujt, Dar Djebel, Laâzib, les 1000, 600 et 300 logements, Taklait, Ighil Ouazzoug et Remla, les citoyens ne savent plus quoi faire de leurs ordures ménagères. Et pour cause, les éboueurs ne viennent plus faire la collecte d’ordures dans ces quartiers populaires où il ne fait pas bon vivre en ces temps de canicule. Ces monticules de déchets ménagers apportent une touche impromptue de laideur aux trottoirs d’une ville en passe de devenir une énorme poubelle. De partout, des émanations écœurantes se dégagent rendant l’air asphyxiant. Les autorités municipales de Béjaïa s’en lavent les mains, en évoquant «un manque en moyens humains et matériels et le blocage de l’EPIC de wilaya», d’où, explique-t-on, cette perturbation dans la collecte des ordures. Mais les citoyens des quartiers de Béjaïa ne l’entendent pas de cette oreille et se disent «médusés» par un environnement de plus en plus insalubre et menaçant leur santé, notamment en ces jours où le choléra refait surface dans au moins quatre wilaya du pays. La «non-gestion» des ordures ména-gères dans la commune de Béjaïa prête à moult interprétations.

Des associations à la rescousse, mais…

Devant cet état de fait, des associations multiplient les volontariats de nettoiement. Ainsi, pas moins de 28 associations ont organisé, samedi dernier, une opération de nettoyage de la forêt des Oliviers, sur les hauteurs de Béjaïa. Ce lieu de villégiature, fréquenté notamment par des familles, est devenu ces derniers temps la destination privilégiée des alcooliques. Initiée par l’association de «cité Moula ex Beaumarchais», au moins 28 autres associations ont pris part à cette opération. «Nous devons tout faire pour rendre ce lieu aux familles. La forêt des Oliviers appartient à la population de Béjaïa et ses visiteurs, mais surtout pas aux délinquants», déclare l’un des bénévoles, en invitant les habitués des lieux à faire preuve de civisme. «Ceux qui viennent passer des moments de détente dans cet endroit magnifique devraient s’abstenir de jeter leurs ordures n’importe où, car cet espace leur appartient», a-t-il préconisé. Les membres de l’association de la cité Moula, ex-Beaumarchais, ont bénéficié lors de cette opération de l’aide des services des forêts et de la commune de Béjaïa, qui ont mis à leur disposition les moyens nécessaires. Avant ce volontariat, la même association a organisé, la veille de l’Aïd, une autre opération portant distribution de sacs poubelle pour les habitants du quartier. «Nous avons mis à la disposition des habitants du quartier Moula des sacs en plastique pour qu’ils y mettent les restes du sacrifice de l’Aïd et faciliter le travail des agents de propreté de l'APC», écrit l’association sur sa page Facebook, rappelant que «des consignes ont été données pour que l'Aïd El Adha se passe dans les conditions sanitaires requises». De son coté, l’association «Nemla» a organisé le même jour, soit samedi dernier, une randonnée pédestre pour initier les visiteurs du Mont Gouraya à l’éducation environnementale et la protection du singe Magot, une espèce menacée d’extinction.

F. A. B.

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