Par DDK | 6 Septembre 2018 | 920 lecture(s)

Mekla

Prolifération de décharges sauvages

Cette année, la ville de Mekla connaît une prolifération de décharges sauvages sans précédent.

Même l’endroit où se situe le siège de la mairie n’a pas été épargné. Il a fallu mettre en place un panneau d’avertissement, indiquant la surveillance des lieux par une caméra de vidéosurveillance, pour que les jets de déchets se soient estompés. Si cette initiative a fait le buzz sur les réseaux sociaux, et a été saluée par tout le monde, son impact reste restreint, tant qu’elle ne s’est pas généralisée dans tous les points de décharge clandestine. Face à cette situation, à titre d’exemple, les habitants du quartier de Thala Khelifa, abritant la décharge sauvage la plus polluante et volumineuse de la ville, ont décidé de surveiller eux-mêmes l’endroit en captant l’immatricule des véhicules de pollueurs, pour les ester en justice si la situation perdure. Par ailleurs, afin de mieux cerner les perceptions des acteurs territoriaux par rapport à la situation qui prévaut actuellement, nous avons pris part à une rencontre entre le P/APC de Mekla et un représentant de la société civile à savoir O. Hamitocuhe. De prime abord, le premier responsable de la localité de Mekla estime que : «La problématique des déchets est l’affaire de tous, alors que chez nous, malheureusement on l’a réduite à la seule responsabilité du maire!». Concernant les causes de l’émergence de nombreuses décharges anarchiques, le P/APC a indiqué que n’eut été la fermeture, suite à des oppositions citoyennes, de l’ex décharge communale sise à la périphérie de la ville, dans le lieudit « Chiva », sans proposer une alternative, la situation serait mieux maîtrisée aujourd’hui. Il a également évoqué des contraintes matérielles et financières à laquelle se heurte l’opération de collecte des déchets : «Notre assemblée est une nouvelle équipe installée le mois de Janvier dernier. Nous avons hérité d’un parc en panne et insuffisant, pour faire face aux énormes quantités de déchets produites quotidiennement par la population locale. Nous avons sollicité la direction de l’environnement afin de nous fournir une aide matérielle, ne serait ce que quelques bacs, mais à notre grande stupéfaction, nous avons essuyé un refus catégorique!». Dans le même ordre d’idées il ajoute «Ce n’est pas avec 6 à 7 millions de DA que nous pourrions mettre fin au problème des détritus dans notre commune». Au-delà des contraintes en termes de moyens, le P/APC de Mekla nous a fait part de la nouvelle démarche participative à l’effet de la gestion des déchets qu’il veut encourager. Afin d’arriver à pareils résultats les comités de villages et les associations de la région seront invités par l’assemblée communale dans le but de lancer le tri sélectif de déchets ménagers au niveau des villages. Selon lui : « L’intérêt de la démarche participative n’est plus à démontrer et son application dans certains villages de notre wilaya, notamment dans la daïra de Bouzeguène, était un succès total. Pourquoi pas nous ?!». Rappelons, par ailleurs, que le village Laghrous, dans la même commune, est arrivé en 5ème position lors de l’édition de l’année dernière du concours Rabah Aissat, du village le plus propre.

Ahmed Kabene

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