Par DDK | 29 Aout 2006 | 677 lecture(s)

Ighil Imoula se souvient de Ali Zamoum

Il y avait en cette matinée du 28 août, au chef-lieu communal de Tizi n’Tleta précisément au carré des martyrs, une ambiance particulière où l’émotion se lisait particulièrement sur les visages des présents, nombreux à se présenter aux portes du carré des martyrs orné de l’emblème national afin d’accueillir comme il se doit, ceux venus pour se recueillir à la mémoire de Ali Zamoum, décédé il y a deux années déjà. Agé de 71 ans, Dda Ali a rendu l’âme après une longue maladie, il s’est éteint à 3 h du matin à l’hôpital Paul-Brousse de Paris. En plus de sa famille et des membres de l’Association Tagmat que Ali Zamoum avait fondé en 1996 pour se consacrer aux actions socio-humanitaires, ses compagnons de lutte, des anciens moudjahidine, le responsable de l’ONM de Tizi Ouzou ainsi que celui de Tizi n’Tleta ainsi que des citoyens anonymes se sont tous déplacés pour rendre un hommage appuyé à celui qui portait la région dans son cœur. Son Association, Tagmat en l’occurrence, s’attelle à la concrétisation d’un programme conçu par l’association le village d’Ighil Imoula figure parmi les escales importantes pour un hommage que même les enfants de la région veulent marquer. Dda Ali, le maquisard, le militant n’a pas été oublié par les siens, un fait qui traduit tout l’attachement de la nouvelle génération aux hommes qui ont fait l’histoire du pays “Ali Zamoum, décédé le 25 août 2004 a toujours été un militant de la cause nationale mais aussi militant de toutes les causes citoyennes. Ceux qui l’ont connu savent qu’il était rebelle à toute idée pré-fabriquée, pré-conçue, à tout carcan illogique, à toute idéologie raciste, à tout système basé et/ou reposant sur l’injustice, sur des idées obscures, sur des prétentions inavouées”, écrit dans ces mêmes colonnes, Rabah Zamoum frère de Dda Ali et néanmoins président de l’Association Tagmats.Ali Zamoum est, faut-il le signaler, né en Kabylie plus exactement à Boghni le 29 octobre 1933. Il a en effet rejoint les maquis et s’est mis très vite dans le “bain” du combat national. “A 14 ans, j’ai quitté l’école et assez vite je me suis détaché des jeunes de ma génération tout simplement, je fréquentais plutôt les militants du parti”, écrit-il dans son livre-témoignage Tamurt Imazighen, mémoire d’un combattant algérien 1940-1962. C’est ainsi que Dda Ali auréolé de ses exploits et surtout son courage, a été naturellement l’homme de confiance de Krim Belkacem qui le chargera par la suite de reproduire en milliers d’exemplaires, la proclamation du 1er Novembre 1954 ; le texte historique sera tapé au domicile de Ben Ramdani Omar alors que le tirage sur ronéo s’était fait dans la maison d’Idir Rabah du village d’Ighil Imoula, à partir duquel Zamoum perpétra, avec un groupe de militants, le premier attentat à Tizi n’Tlela. Enfin, il est utile de rappeler que le programme concocté par l’Association Tagmats Ali-Zamoum, comporte principalement en plus du dépôt d’une gerbe de fleurs au carré des martyrs de Tizi N’tleta, une action de solidarité au profit du foyer d’accueil de personnes en détresse de Yakouren, la finale du tournoi de football organisé pour la circonstance et enfin une journée d’hommage le 1er septembre prévue au siège de ladite association.

A. Z.

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