Par DDK | 18 Juin 2008 | 9342 lecture(s)

Aït Saâda un village en plein essor

Aït Saâda, village de la commune de Yattafen dans la daïra de Béni Yenni, est peuplé d’environ 3 000 habitants, situé à environ 60 km au sud du chef-lieu de la wilaya Tizi Ouzou, c’est aussi un village qui niche sur une colline à 800 mètres d’attitude à quelques encablures du Djurdjura, Aït Saâda est un village composé de quatre quartiers : Aït Idder, Aït Zekri, Aït Hamou et Aït Imloul. Sa renommée dans la région des Igawawen est due à son organisation sociale qui diffère de la majorité des villages environnants. Sa population est très unie vivant dans la paix et la sérénité. Du temps de la guerre de Libération, deux camps avaient été installés par l’armée française au village à ses deux extrémités et les traces de ces deux camps existent toujours surtout celui connu sous le nom de SAS. La raison qui avait fait que l’armée française ait installé ses camps dans ce village est sa position stratégique, et sa situation en altitude.

Durant la décennie noire, Aït Saâda a aussi perdu les meilleurs de ses enfants, policiers, gendarmes, militaires et autres assassinés par l’hydre islamiste intégriste. A partir de l’an 2000 beaucoup de citoyens du village ont “émigré” vers les villes et particulièrement vers l’ouest du pays.

C’est l’un des premiers villages à avoir bénéficié de l’électricité, cela s’est fait au milieu des années 50 par l’armée française. Comme c’est aussi l’un des premiers villages à avoir bénéficié d’une école primaire et cela vers la fin du 19ème siècle. Cette école a formé beaucoup de cadres de la nation, et dans tous les domaines. Actuellement Aït Saâda possède toujours son école primaire ainsi qu’un collège qui reçoit les élèves de ce village ainsi que ceux d’Aït Daoud un 2ème village de la commune de Yattafen et de Dama.

Après être passé par une période “creuse” où le village avait été laissé à l’abandon par l’inexistence d’une structure sociale (l’absence d’un comité de village) ces dernières années les citoyens se sont réorganisés, et en plus du comité de village qui gère les affaires des citoyens une association dénommée “Tizizwa” (les abeilles) a été créee. Le changement se fait ressentir ces derniers mois surtout étant donné que les problèmes des citoyens en général sont pris en considération par le comité alors que concernant les jeunes ladite association les occupe par des activités, la dernière en date fut la commémoration du 28ème anniversaire du Printemps berbère.

Pour les citoyens du village Aït Saâda, l’organisation ne se limite pas uniquement au village, mais même en dehors de ce dernier ; c’est ainsi que la communauté émigrée en France, s’est également structurée en association dénommé “Ighriven n At Saâda” et la première action de ces derniers a été la participation à l’organisation de timechret qui a eu lieu en janvier dernier. De ce fait les “Ighriven d’Aït Saâda” sont constamment en contact avec les citoyens et ceci par le biais de l’internet en échangeant des informations sur ce qui se passe au village. Ces émigrés comptent organiser une grande fête de retrouvaille au village durant cet été, ceci bien sûr n’est qu’une idée mais qui est en bonne voie d’après ce qui est sur le blog de cette communauté vivant en France.

Ainsi avec la volonté de tous les citoyens de ce grand village et surtout celle de sa jeunesse, beaucoup de choses peuvent être réalisées, il suffit de les encourager et de laisser ces jeunes vivre leur temps et leur époque.

Mhanna Boudinar

3.50