Par DDK | 2 Juillet 2005 | 167 lecture(s)
L’eau se fait rare
Autrefois, évoquer l’Akfadou, c’est parler de ce que la nature a fait de plus beau sur ces hautes collines. Les habitants de la vallée de la Soummam faisaient des déplacements fréquents, rien que pour savourer ces espaces et boire l’eau de source qui coulait sans cesse durant toute l’année. Maintenant, ce n’est guère le cas, l’eau n’est plus comme au bon vieux temps. Celui qui visite la bourgade des Ath Mansour, se demandera si l’adresse est bien la bonne. En effet, l’eau se fait parfois rare, comme si la concentration urbaine a eu raison du liquide précieux. Au cours de l’année, le problème ne se pose pas. Mais dès l’avènement de la chaleur, place aux désagréments quotidiens. Les villageois se livrent à un feuilleton de disputes qui mène à des situations très difficiles. Heureusement, que “Tajmaât”, avec les efforts de tous les sages arrive à calmer les esprits. Pour faire face à ces incommensurables désagréments, certains villages avaient procédé à plusieurs tentatives pour le dénouement de la “crise”. Cependant, le bout du tunnel était encore très loin. L’année passée, la conduite de l’eau potable de toute la commune était rénovée. Un initiative louable. Toutefois, chez nous, les travaux sont toujours inachevés. Par exemple, au lieudit “Aâmrane”, une fuite d’eau saute aux yeux de tous ceux qui passent par cette route, mais à nos jours, elle n’a pas été rétablie, même si ce problème persiste depuis des mois. Durant l’hiver, la neige et le verglas n’ont pas laissé indemnes les compteurs et les branchements des eaux. Les dégâts causés sont importants. Et comme “le provisoire dure long temps”, certains citoyens tardent à réparer ce qui est réparable. Laisser l’eau couler dans les rues ne semble pas gêner les gens, désormais ce phénomène fait partie de l’environnement. “Dans notre commune, il y a de l’eau à gogo. Mais mal répartie et mal gérée. D’une part, il y a les hauts villages qui disposent du liquide vital 24 h sur 24. D’autres parts, il y a les villages du centre qui ne voient leurs robinets couler qu’une heure à deux heures par jour. C’est injuste. Au moment où des gens se permettent plusieurs douches par jour, d’autres ne consomment l’eau qu’au compte-gouttes”, estime un jeune villageois. “Je vous assure que des fois, mêmes nos bêtes, c’est-à-dire nos vaches ne boivent que quelques litres d’eau, si on n’avait pas de puits, la situation serait plus complexe”, ajoute la même personne. En plus des eaux de source canalisées dans des châteaux d’eau, la commune d’Akfadou dispose de fontaines. Cependant peu d’entre elles coulent encore. Le laisser-aller a pu atteindre l’espace vital des citoyens, même si peu s’intéressent à cet aspect des choses. En dehors des villages, à l’intérieur de la forêt et tout le long des coins limitrophes, les sources naturelles sont souvent abandonnées et livrées aux métamorphoses du temps. Dans certains endroits, celui qui passe par les bois va parcourir deux à trois heures à pied pour pouvoir assouvir sa soif. Comme si la belle forêt d’Akfadou cède sa place à un désert dévastateur. La nature a donné sans compter, mais l’homme n’a pas pu être à la hauteur de cette richesse inestimable. Peut-être qu’il est encore temps de faire quelque chose. Chacun à son niveau doit bouger pour sauvegarder notre environnement. Si non l’autodestruction s’imposera comme fatalité.
Mohamed Cherif Zirem






