Depuis quelques jours, les automobilistes, habitués des routes de Kabylie, ont remarqué, sur le bord de l’autoroute, les bidons remplis de figues de Barbarie : fruits en apparence rébarbatifs, avec leurs épines prêtes à piquer, mais en réalité délicieux et surtout très nutritifs. Les connaisseurs diront aux jeunes vendeurs que les fruits ne sont pas encore mûrs, à cause de leur peau verte et les vendeurs répondront qu’ils le sont, preuve à l’appui : Un canif, deux entailles aux bouts, la peau enlevée et le fruit surgit brillant et mûr à point. « Goûtez ! » On goûte… et on achète ! Même si le bidon de 5 kilos, un peu plus ou un peu moins, coûte 200 dinars ! La saison des figues a commencé… Du moins, les figues de Barbarie, quant aux figues vertes, il faut attendre encore un peu. Sur les hauteurs, la tendance est plutôt au pessimisme : Les neiges et le gel de l’hiver dernier auraient détruit des centaines de plants et de figuiers, ce qui annonce une récolte plutôt pauvre… Les deux fruits, symboles de la terre kabyle, ne sont pas rationnellement commercialisés dans les villages où ils poussent en abondance mais cette année, à cause de la diminution des récoltes, voire de la destruction d’un grand nombre de figueraies, ils le seront ! Surtout par les citadins qui guettent le mois d’août pour venir se régaler dans les villages. Dans les grandes villes, comme Alger, on les achète depuis longtemps. Et cette année, ils semblent plus chers que les années précédentes, ils sont même, dans certains marchés, plus chers que la banane ou la pomme, qui sont pourtant les fruits les plus coûteux. Mais, attendons, la saison des figues ne fait que commencer.
S. Aït Larba
