Par L. Beddar | 10 Avril 2012 | 4277 lecture(s)

M’Cisna Il offre pourtant toutes les caractéristiques d’un village touristique

Imoula freiné par ses carences

Parmi les villages qui ont de tout temps attiré et qui attirent encore de par leur panorama et leur aspects imposant au niveau de la daïra de Seddouk, il y a incontestablement le village d’Imoula, dans la commune de M’Cisna.

Les collines qui l’agrémentent et la montagne qui le surplombe sont des merveilles naturelles conjuguées qui ajoutent du charme à ce village se trouvant sur une pente abrupte mais à végétation luxuriante. Situé sur les hauteurs, il offre à tout visiteur cette image d’un village touristique bon pour la détente, mais seuls ses habitants savent que la pauvreté qui leur colle à la peau se conjugue au présent. C’est un hameau de 3 000 âmes, environ. Distancé de 10 kilomètres du chef-lieu de la commune de M’Cisna, ce village manque de tout. Au regard de la dynamique qui caractérise l´ensemble du territoire de la wilaya, les habitants s’estiment des laissés-pour-compte. Moult doléances ont pourtant été soulevées par les citoyens dans de nombreux écrits transmis aux diverses administrations leur réclamant l’octroi de projets infrastructurels qui puissent les sortir de l’ornière. Ils rappellent même que l’inexistence d´opportunités d´emploi qui s’ajoutent aux manques d’infrastructures les plus élémentaires est à l´origine de l´exode des familles vers les villes. L´agriculture, unique opportunité susceptible de résorber le chômage pour une bonne partie de la population, connaît un faible essor. Les divers programmes retenus ne connaissent pas une grande avancée. Quelques familles ont investi dans l´apiculture, l’élevage, l’arboriculture, etc. L´agriculture continue donc à être traditionnelle et se résume à nourrir quelques petites familles que l’on peut compter sur le bout des doigts. «La route qui dessert le village à partir du chef-lieu est dans un état lamentable. La chaussée est aménagée en bitume jusqu’au village Ighil Ouatar. Les autorités ne cessent de nous dire depuis belle lurette que le tronçon restant à réaliser a bénéficié aussi d’un projet d’aménagement en bitume, cependant sa réalisation tarde à voir le jour. Sur cette route, deux décharges publiques sont érigées sur les accotements. Leur nuisance à l’environnement et à la santé des voyageurs et des transporteurs qui assurent la navette font que nous avons demandé leur délocalisation. Nos doléances ne sont toujours pas prises en compte», a fait savoir Keroua Aziz, un transporteur de voyageur assurant la ligne Seddouk-Imoula.

Le village à la traîne

Les jeunes de cette contrée continuent à se rendre quotidiennement à Seddouk pour essayer de s´occuper en se contentant de petits boulots pour glaner quelques sous. Tout compte fait, l´inexistence de possibilités d´emploi s’ajoutant au manque criant de loisirs font craindre aux parents l´émergence de fléaux sociaux comme la consommation des stupéfiants, d’alcool, qui guettent à tout bout de champ la frange juvénile. D´ailleurs, Imoula ne dispose d´aucune structure de jeunesse en mesure d´occuper cette frange de la société, livrée à elle-même. «Le seul terrain de proximité existant a été supprimé pour être remplacé par un terrain digne de ce nom, nous dit on. Seulement, le projet a été confié à une entreprise qui a entamé les travaux pour les abandonner ensuite, il y a plus d’une année, laissant les jeunes continuer à jouer au ballon sur les chaussées. Le village dispose d’un local exigu pour ne pas dire un cagibi. Il n’a jamais fonctionné et les autorités nous ont promis la réalisation d’une maison de jeunes. Un projet qui reste au stade de promesse», abonda notre interlocuteur. Abordant le volet santé, il enchaina : «Sur le plan de la couverture sanitaire, comme l´unique salle de soins ne répondait pas aux exigences de la population, car ne pouvant assurer les services nécessaires et appropriés à cause du manque de fournitures médicales telles que les médicaments, le manque de personnel médical, obligent dans de nombreux cas les patients à aller vers la polyclinique de Seddouk. Nous avons saisi la wilaya et les administrations relevant du secteur de la santé pour son amélioration. Nos cris de révolte ont été entendus, le centre de soins a changé de statut pour être relevé au rang d’une polyclinique. Il est même doté d’un médecin généraliste, d’un dentiste et d’un infirmier. Il reste quand même à le doter des services des urgences, de la radiologie et des analyses médicales pour la prise en charge intégrale d’un malade». D’autres secteurs vitaux ont été abordés aussi. «Nous souffrons depuis longtemps des pénuries d’eau mais les autorités nous rassurent que la galère s’estompera avec l’arrivée de l’eau du barrage de Tichy Haf dont le projet est en cours de réalisation. Pour ce qui est du gaz de ville, vu ce que nous endurons en hiver, notamment au moment des chutes de neige obstruant la route ajouté à la rareté et la cherté du gaz butane, les autorités doivent penser à nous doter du gaz naturel dans le programme établi pour notre commune» a-t-il conclu. Mais les habitants d’Imoula ne perdent pas espoir et continuent à croire en l´avenir. Pour cela, l´inscription de plusieurs nouveaux projets d´utilité publique et la détermination de l´administration locale à concrétiser ses promesses sont des faits qui sortiront certainement le village de son isolement. Pour ce faire, les villageois ne cessent de solliciter les autorités concernées afin de les sortir de la misère.

L. Beddar

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