Par DDK | 24 Janvier 2017 | 938 lecture(s)

Ighram

La récolte d’olives désenchante !

L’huile d’olive n’accommodera, sans nul doute, pas toutes les sauces cette années, tant le niveau de production est désespérément bas. Dans la commune d’Ighram, à l’image de toute la région de la Soummam où l’olivaison tire à sa fin, le bilan de la cuvée 2016/2017 est des plus désastreux. «C’est une campagne à mettre aux oubliettes, même si on se souviendra longtemps de cette récolte calamiteuse», dira atterré un paysan du village Tighilt Makhlouf. Tout aussi catastrophé, un jeune oléiculteur de ce même village enchaîne : «Je n’ai jamais imaginé que la récolte pût tomber aussi bas. Maintenant que le cauchemar s’est fait réalité, on réalise que le pire est peut-être devant nous». Un vieillard entretenant une oliveraie au village Ighil rapporte que sa production a chuté de plus de 20% par rapport à l’olivaison écoulée, laquelle n’était pourtant pas fameuse. «La quantité d’olives récoltée a chuté sensiblement. Cette dégringolade a été amorcée voilà plus d’une dizaine d’année, mais cette fois-ci, on a vraiment touché le fond, à telle enseigne que le volume d’huile engrangé suffira à peine à couvrir les besoins de ma famille», déclare-t-il avec des relents de dépit. «Cette année, nous avons perdu sur tous les tableaux. Le tassement est tel que rares seront les exploitants qui pourront dégager un excédent à écouler sur le marché», soutient un citoyen du village Irsen. Les rendements, indique-t-on, voltigent très bas. Ils se jaugent autour de 15 litres par quintal d’olives, avec une légère fourchette de fluctuation. «La productivité a amorcé une chute vertigineuse. Je connais des exploitants qui n’ont pas pu extraire plus de 10 l/q. Aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, on n’a jamais connu un rendement aussi chiche», témoigne un sexagénaire du village Tazaghart. Il y a fatalement, convient-on, une relation de cause à effet entre ces faibles performances et la disette de pluie. En effet, il ne peut pas en être autrement pour une culture de type pluviale, donc étroitement dépendante de l’aléa climatique. On signale, par ailleurs, la persistance de certaines pratiques qui ont des incidences négatives sur la qualité de l’huile, comme l’inobservance de la récolte au stade de véraison. Il découle de la sur-maturation des baies, leur fermentation au stockage et une perte de l’huile vierge. Le procédé de récolte par gaulage, au détriment des peignes et autres vibreurs portés, est toujours aussi répandu, en dépit de ses effets pervers : huile acide avec une odeur de moisi, consécutivement aux blessures infligées aux fruits, cassure des jeunes pousses et blessures sur le bois…

N. Maouche

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