Par DDK | 13 Septembre 2017 | 1841 lecture(s)

Décharges intercommunales fermées, CET bloqués, prolifération des déchets...

L’image ternie de la wilaya

Les villes et villages de Bgayet s’enlisent, chaque jour un peu plus, dans des tas d’ordures.

Depuis plusieurs décennies, jamais cette wilaya n’a connu une situation aussi calamiteuse en matière d’insalubrité publique, de pollution du cadre de vie et de l’environnement, comme présentement. «Si la palme de la wilaya la plus sale devait être décernée, Bgayet en serait la récipiendaire incontestable et incontestée», ironise, à juste titre, un citadin d’Akbou. La propreté d’antan, ayant caractérisé nos cités urbaines et la blancheur immaculée de nos villages, ne sont plus que de vieux souvenirs. Autre temps, autre mœurs, pourrait-on dire. À croire que nous sommes en délicatesse avec le concept d’hygiène, avec lequel, semble-t-il, nous avons maille à partir. Sinon, comment expliquer que pas un seul arpent, pas une seule venelle, pas un seul vallon, ne soient épargnés par nos déjections. Les vergers, les prairies et les forêts ne sont pas en reste. Une véritable profanation qui s’incruste jusque dans les zones de montagne les plus reculées et difficiles d’accès, comme le massif d’Akfadou. «Dans notre commune, les dépotoirs sauvages pullulent partout. On en dénombre plusieurs dans chaque village et hameau», souligne un citoyen du village Aguemoune, dans la commune de Béni Maouche. Une commune noyée sous les ordures, faute de disponibilité d’un site d’entreposage. Ighil Ali est confrontée au même écueil, nous apprend M. Djoulait, le P/APC. «Pour éviter les désagréments à nos concitoyens, nous acheminons nos déchets ménagers dans un CET d’une wilaya limitrophe, avec laquelle nous avons signé une convention», dira-t-il. Hormis quelques rares exceptions, les cités urbaines de Bgayet déclinent le même décor crade. Au mieux, les déchets font l’objet d’une gestion approximative. Au pire, ils s’entassent dans les coins des artères, des venelles et autres cul-de-sac, dont ils balisent les parcours. Le cas de la ville d’Akbou est édifiant à cet égard. Depuis la fermeture, voila plus d’un mois, de la décharge intercommunale par les habitants du village Biziou, l’agglomération a pris les allures d’une immense décharge publique à ciel ouvert. L’éradication de ces poches cloacales, essaimant aux quatre coins de la ville et dans les villages alentours, sonne comme une urgente nécessité. Il y va de la préservation de la santé publique. Inscrit dans l’optique de soulager quelque peu les villes de leur trop plein d’ordures, le CET projeté dans la localité de Gueldamane, sur la rive droite de la Soummam, reste un vœu pieu. Un projet similaire prévu sur le territoire de Tinebdar connait le même sort. Des oppositions en ont obéré la concrétisation. D’aucuns continuent de faire dans le schéma conventionnel et non moins éculé, en recourant à l’élimination des déchets par voie d’incinération. Sans doute parce qu’elles sont implantées à un jet de pierre de grands axes routiers, les décharges fumantes de Sidi Aïch et d’Aokas alimentent abondamment la chronique locale, soulèvent moult interrogations et cristallisent l’inquiétude de la population quant à leur impact sanitaire. À l’évidence, la solution du tri sélectif et de la revalorisation des déchets, restera pour longtemps, une douce chimère…

N. Maouche

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