Par DDK | 12 Octobre 2017 | 1261 lecture(s)

valée de LA SOUMMAM Rétrécissement de la nappe phréatique, puits à sec…

Inquiétude des agriculteurs

La continentalisation du climat, avec son lot de déficit hydrique et de hausse significative du mercure, a précipité bien des agriculteurs de la vallée de la Soummam au bord de la ruine. Les prélèvements d’eau opérés sur la nappe phréatique ne sont que partiellement compensés par les apports pluviométriques. Un déséquilibre qui s’accentue au fil des ans, et qui se traduit par le rabattement du niveau des aquifères et l’assèchement des puits. «Il faut, sans cesse, recourir à des travaux de fonçage du puits, pour maintenir un débit exploitable», témoigne un fellah d’Ouzellaguen, qui a dû, confie-t-il, s’y résoudre à plusieurs reprises, sous peine de voir son exploitation dépérir. Un travail de bénédictin, et qui coûte excessivement cher. «Il y a des exploitants qui ont été contraints de jeter l’éponge, parce qu’ils ne sont pas en mesure de supporter ces charges exorbitantes», soutient-il. Pris à la gorge par la pénurie d’eau, un maraicher de Tazmalt a été contraint de laisser en jachère une partie de sa parcelle. «Alors qu’il y a cinq ans, je cultivait la totalité de mon lopin, j’en suis réduit à n’en travailler que près de 40%. Il n’y a pas d’autre alternative ; il faut s’adapter ou disparaitre», confesse-t-il. Un arboriculteur de la région d’Ilmaten se dit confronté au même dilemme cornélien. «Le fonçage coute une petite fortune qui n’est pas à la portée de tout le monde. J’en ai fais l’amère expérience, car mon ouvrage s’est asséché à deux reprise, et inutile de vous dire que j’ai dû casser ma tirelire, pour continuer à faire vivre mon verger. Au bout du compte, je me suis retrouvé avec un bilan des plus désastreux», reconnait-il. L’aridité du climat a ainsi poussé les agriculteurs dans la quadrature du cercle. La hausse des températures, conjuguée à la disette pluviométrique, impose des arrosages plus fréquents. Il en résulte une surexploitation des réserves d’eau souterraines, lesquelles évoluent inéluctablement vers l’épuisement. Le rafraichissement du climat, en ces jours d’automne, donne un peu de répit à ces damnés de la terre. «Notre salut ne viendra que du ciel. Quelque chose me dit que la pluie sera au rendez-vous cet hiver. Dans le cas contraire, notre filière serait vouée à de sombres lendemains», lance sur une pointe d’incertitude, un fellah de Sidi Aïch.

N. Maouche

0