Par DDK | 14 Novembre 2017 | 1096 lecture(s)

sidi-aïch

Envolée du prix de la pomme de terre

La pomme de terre fait encore parler d’elle ces derniers jours. En l’absence d’un contrôle rigoureux des pouvoirs publics, le prix de la pomme de terre s’envole pour franchir la barre des 90 DA/kg. Les petites et moyennes bourses, qui espéraient une baisse de la fièvre autour de ce fameux tubercule, se sont vite heurtées à la dure réalité. Sur les étals des marchés de la ville de Sidi-Aïch, les prix restent inaccessibles. La pomme de terre, après quelques semaines de bonne tenue, revient au-devant de l’affichage. Elle est placardée sans gêne entre 85 et 95 DA depuis une semaine, au niveau des différents marchés de la wilaya. Les motifs avancés par les mandataires sont les intempéries et l’impossibilité d’approvisionner le marché de ce tubercule. En quelques jours seulement, les prix de la pomme de terre ont fait un bond spectaculaire. Une hausse vertigineuse au même titre que les prix des fruits et autres légumes ainsi que les produits de large consommation. Ce tubercule réputé comme légume des pauvres est désormais inaccessible pour les petites bourses. Malgré les déstockages et les assurances des autorités, la tendance haussière risque de durer dans le temps. Certes, le citoyen ne fait plus confiance aux discours et promesses, mais la planification, la disponibilité, le suivi et la commercialisation font défaut à tous les niveaux. La variation des prix de la pomme de terre suscite toute une série de questionnements et dévoile la faiblesse de la politique menée par les responsables du secteur agricole pour assurer le repas quotidien du citoyen. Cette énième flambée libre d’un produit aussi largement consommé et suffisamment produit au niveau local, pousse à revoir la politique agricole en Algérie, et s’interroger sur les dessous des programmes de développement et les réformes agricoles lancées, depuis plus d’une décennie, qui s’avèrent n’apporter aucun changement sur le terrain malgré les milliards injectés par l’État dans ce secteur ainsi que l’effacement des dettes des agriculteurs. Dans le même sillage, la spéculation qui entoure ce produit, tant prisé par les consommateurs, est souvent citée par les commerçants qui pointent du doigt des agriculteurs, sans scrupules. Ces derniers achètent de la pomme de terre à grande quantité, et ce, à des prix bas pour les stocker dans des chambres froides. Au moment opportun, le tubercule est sorti du frigo et mis en vente à des prix qui dépassent l’entendement. Ces agriculteurs indélicats mettent sur le marché de petites quantités dans le but de faire baisser l’offre, créer une forte demande et maintenir par conséquent les prix à la hausse. «Les autorités doivent prendre leur responsabilité et assurer un contrôle rigoureux dans cette filière», assure un marchand rencontré au marché hebdomadaire de Sidi-Aïch. Au demeurant, le consommateur, habitué depuis des lustres à cet effet ascenseur, est pris entre le marteau et l’enclume. D’un côté, les commerçants ne reculent devant rien et profitent de la moindre occasion pour dépecer les petites bourses, et de l’autre, le manque ou l’inefficacité des mesures dissuasives de contrôle des services concernés grâce à la liberté des prix. De mauvaise surprise en mauvaise surprise, le feuilleton de la hausse des prix de différents fruits et légumes ne semble pas près de connaitre son épilogue, au plus grand dam des citoyens.

Bachir Djaider

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