Par DDK | 14 Février 2018 | 1271 lecture(s)

Vallée de la Soummam

Le caroubier menacé de disparition

Parangon d’endurance, nec plus ultra en matière de rusticité et de plasticité écologique, le caroubier subit les agressions répétées de l’homme, dans la vallée de la Soummam. Ces agressions font peser une sérieuse menace de disparition sur cet arbre endémique, et bien d’autres espèces floristiques.

Ces coups tordus font peser une sérieuse menace de disparition sur cet arbre endémique, et bien d’autres espèces floristiques. Dans la région de la Soummam, où le caroubier prospérait à foison, aussi bien dans les plaines que dans les piémonts, les coteaux et les zones montagneuses, le constat est ahurissant : des centaines de spécimens sont régulièrement abattus à la tronçonneuse. Des arbres multiséculaires, qui ont vu défiler nos pères et nos grands-pères, sont massacrés et décimés en deux temps trois mouvements, et ce, sans scrupule aucun. «Le caroubier occupe trop d’espace ; c’est un refuge pour les alcooliques et les camés», dit-on. Dans certaines localités proches des agglomérations, les caroubiers et oliviers sont coupés à des fins urbanistiques. Les espaces ainsi dégagés sont enterrés sous des coulées infamantes de béton. Là où le bât blesse, c’est qu’à l’inverse des espèces cultivées, le caroubier n’a nullement besoin de la main de l’homme pour pousser, s’épanouir et offrir gracieusement son ombrage, son bois et ses fruits. Il est inutile de ressasser les multiples bienfaits du caroubier sur le fonctionnement de l’écosystème, l’équilibre écologique et la biodiversité. «Dans le temps, on se partageait les caroubiers, au même titre que les parcelles de terrain. On comptait le nombre de spécimens dans les champs et on les répartissait à parts égales», se remémore un sexagénaire d’Akbou. «Le fruit du caroubier était très convoité comme aliment du bétail, avec un fort potentiel nutritif. De nos jours, on s’en rappelle que pour tapisser de son feuillage le lit des sépultures», souligne un vieillard d’Ouzellaguen, soulignant également que bien d’autres espèces d’arbres sont confrontées au même sort. «Le figuier est en passe de se faire la malle, faute de soins et d’entretien. Le frêne est dans la même courbe de déclin, et sa disparition est plus que certaine, si rien n’est fait pour le préserver», alerte-t-il.
N. Maouche

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