Par DDK | 17 Mai 2018 | 2327 lecture(s)

Aït Smaïl

La vente de la cendre en vogue

Un nouveau négoce a fait son apparition ces tout derniers temps à Ait-Smaïl, une commune située à environ 65 kilomètres au Sud-est de Béjaïa. Il s'agit de la vente de cendre. Ce petit commerce fait désormais le bonheur des habitants de la localité, notamment les moins jeunes d'entre eux. Cela nous rappelle bien l'adage kabyle qui dit : «Hrez tiji n yiɣiɣden ad tt-tafed» (Préserve même les cendres s’il faut, et tu y trouveras profit un jour). En effet, si jadis les cendres étaient jetées par les paysans n'importe où et le plus rapidement possible, ce n'est plus le cas aujourd'hui à Ait-Smaïl, comme dans d'autres régions de Béjaïa. Elles sont vendues pour des prix qui varient entre 25 et 100 DA le kilo, selon leur origine et leur qualité. Juste après avoir été au courant de l'information, qui s'est répandue comme une traînée de poudre, tous les habitants sans exception conservent dans les meilleures conditions ces résidus de braises, afin de les vendre aux preneurs, lesquels, d'un moment à un autre, font escale à Ait-Smaïl avec leur camion. «J'ai pu accumuler une grosse quantité dans un délai record. À la fin j'ai vendu le tout avec une somme avoisinant les 6000 DA. C'est un gain facile», nous dira un adolescent très enthousiaste. Une autre jeune femme, se préparant à vendre une quantité considérable, dira: «Il est vrai qu'avant, nous jetions les cendres des foyers avec les ordures, maintenant qu’elles se vendent, nous ne rechignons point à en tirer un tant soit peu d’argent. La différence de prix entre les acheteurs est de taille et cela nous laisse perplexes. Nous ne comprenons pas ce qui détermine le bon choix pour les preneurs. En fin de compte, nous savons qu'ils les revendent toutes à un prix bien plus cher à ceux qui en ont besoin pour la préparation de la chique», estime-t-elle.
M. K.

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