Par DDK | 14 Juin 2018 | 1557 lecture(s)

TAZMALT - Marché hebdomadaire

Les habits crachent le feu

Saignés à blanc depuis le début du mois de Ramadhan par la hausse des prix des produits de base, comme les légumes et les fruits, les ménages ne sont pas au bout de leurs peines, puisque la fête de l'Aïd El-Fitr les attend au tournant.

En effet, les chefs de famille ne connaissent pas de répit en ce mois de Ramadhan, cumulant dépenses sur dépenses avec, en sus, des factures salées. Alors que la «bouffe» a mis à rude épreuve le pouvoir d’achat des citoyens, l'Aïd, qui pointe son nez, promet d'être encore plus «saignant» pour les ménages qui ne savent plus où donner de la tête. «Franchement, je suis au bout du rouleau. Coup sur coup, vous avez les produits alimentaires dont les prix crachent le feu depuis le début du mois de Ramadhan et la fête de l'Aïd Amectuh durant laquelle il faudra imparablement habiller ses enfants pour qu’ils puissent passer la fête comme leurs semblables. Pour ma part, ce n’est guère évident, car je suis un simple fonctionnaire qui touche un salaire moyen. Par conséquent, je me vois obligé de m’endetter pour satisfaire les besoins de ma famille», avoue, impuissant, un père de famille habitant la ville de Tazmalt. Jeudi dernier, au marché hebdomadaire de cette grande agglomération, il y avait une foule immense qui a pris d'assaut les différents stands de l’habillement. La plupart des présents étaient des pères de famille, accompagnés de leurs gosses, qui vaquaient d'un étal à un autre, à la recherche de vêtements neufs abordables. Une «équation» que beaucoup de pères de famille voulaient résoudre, mais c'était compter sans la qualité, car celle-ci se paie chèrement. «Les bons habits sont chers ! Je ne dis pas que tout flambe dans ce souk, il y a des vêtements neufs à des prix abordables, mais ils sont de piètre qualité», constate un citoyen accompagné de ses deux enfants. Bien entendu, les pères de famille cherchent à ménager le chou et la chèvre, étant donné que, d'une part, il y a les exigences de leurs rejetons et, d'autre part, les prix exorbitant des habits neufs et de bonne qualité. Une tournée chez les commerçants de l’habillement dans ledit marché a renseigné sur la flambée des prix enclenchée il y a quelques jours seulement. Un simple tee-shirt made in China coûte entre 1 000 et 1 800 DA. Les pantalons jeans vont dans la fourchette de 2 000 à 3 200 DA l’unité. Les chemises made in Turkey se négocient à partir de 1600 DA. Les baskets made in Vietnam sont proposées entre 3 600 et 5 500 DA. Les prix des habits pour enfants sont également chers. Un ensemble pour enfant de 7 ans, composé d'un pantalon jeans et d’un tee-shirt, coûte 2 500 DA. L'autre ensemble pour fillette de 4 ans est chiffré à 1 400 DA ! Une robe pour une fille de 12 ans coûte pas moins de 1 200 DA, alors qu'un simple ensemble pour un garçon de 14 ans (jeans et tee-shirt) coûte 2 300 DA. Il est à relever, dans le même contexte, la prédominance, dans ce marché, des produits textiles originaires de la Chine, lesquels sont, de l'avis des clients, de qualité médiocre et paradoxalement chers.
Syphax Y.

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