Par DDK | 26 Juillet 2018 | 1185 lecture(s)

Béni Maouche

Les villages submergés par les ordures

Dépôts fangeux, «colis» malodorants, sacs éventrés aux miasmes nauséabonds… Ce décor répugnant est le lot quotidien des habitants de la commune de Béni Maouche.

«Le problème dure depuis près de dix ans. Plusieurs choix de terrains ont été opérés dans l’optique de l’implantation d’une décharge publique, mais aucune démarche n’a abouti à des résultats concluants», déplore le maire. Selon l’édile communal, une contrepartie pour l’investissement dans le cadre des plans communaux de développement a même été proposée au village qui accepterait un site d’entreposage des ordures. Sans résultat. «Nous sommes réduits à n’assurer la collecte et l’enlèvement des ordures que pour les établissements publics, comme ceux de la santé et de l’éducation, de même que la marché hebdomadaire du chef-lieu de la commune. Les déchets sont acheminés vers la décharge d’Akbou, mais à raison de deux bennes-tasseuses par semaine seulement, conformément à ce qui a été convenu», informe le premier responsable de l’APC. Cette contrainte a donné lieu à la prolifération de dépotoirs sauvages, à travers tous les villages et hameaux de la circonscription. «Le cadre de vie se dégrade à vue d’œil. Partout où vous mettez les pieds, vous êtes inévitablement accueilli par des monticules d’immondices», témoigne un citoyen de Trouna, l’agglomération du chef-lieu. «Chaque village, chaque quartier, et même chaque groupe de maisons a créé sa propre décharge. Parfois, il y en a même plusieurs dans un mouchoir de poche», soutient un citoyen du village Ath Adjissa, selon lequel les déchets ménagers sont jetés de manière anarchique. «Les champs, les ravins, les précipices, les cours d’eau et même les espaces forestiers sont lestés d’ordures», rapporte un villageois de Tala N’tinzer. Pour réduire le volume des déchets et en atténuer les incidences négatives sur l’environnement, des solutions de fortune sont improvisées ici et là, indique-t-on. «Certains villageois recourent à l’incinération de leurs ordures, mais cela n’est pas la panacée, car la combustion injecte tous ces polluants dans l’atmosphère et expose le couvert végétal aux risques d’incendie», dira un citoyen de Bouikni, tout en alertant sur le danger que font peser tous ces détritus sur l’environnement et la santé publique. «Les gens n’ont pas l’air de prendre vraiment conscience que ces dépotoirs sauvages représentent une bombe à retardement. Si l’on ne prend pas la mesure de ce problème en temps opportun, on risque, à terme, d’en payer le prix fort», avertit un groupe de villageois.
N. Maouche

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