Par DDK | 1 Aout 2018 | 1108 lecture(s)

AÏT R'ZINE - À Wizrane, on perpétue la tradition

Tiwizi pour la moisson-battage

Le village Wizrane, situé à 14 km de Guendouz, chef-lieu communal d'Aït R'zine, tient toujours à ses traditions ancestrales, nonobstant la modernisation tous azimuts.

Situé sur une colline abrupte à près de 600 mètres d'altitude, ce village rustique offre un panorama époustouflant, surtout pendant la saison printanière. Ses paysages enchanteurs et l'accueil chaleureux de ses villageois font de lui un patelin peu commun dans cette région montagneuse quelque peu austère de la tribu des Ath Abbas. Wizrane est aussi un village aux «mille et un secrets». A chaque fois qu'il est visité, il ne cesse d'étonner avec ses sites historiques, et où l'on raconte des anecdotes qui laissent pantois plus d'un. Peuplé par environ 1 200 habitants, ce village aspire à des lendemains meilleurs. La solidarité entre les habitants de ce village n'est pas un mot vain, les hommes les plus nantis de cette bourgade n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour alléger un tant soit peu le quotidien difficile des démunis. Les habitants du village se mobilisent, comme un seul homme, quand le besoin se fait sentir, pour perpétuer différentes actions d'entraide et de solidarité. La dernière en date concerne la moisson du blé qui a eu lieu dans ce village, où un groupe de paysans s'est joint au propriétaire d'un champ emblavé pour lui porter assistance. Et comme les terres de ce village sont pentues, accidentées et difficiles d'accès, la moisson et le labourage se font toujours comme au bon vieux temps : avec une paire de bœufs et une charrue traditionnelle pour le labour et la faucille et le fourche pour la campagne de moisson-battage. Celle-ci s’est d'ailleurs achevée il y a quelques jours, au grand bonheur des paysans qui se sont prêté main-forte afin de moissonner toutes les céréales semées, il y a des mois de cela, dans les hautes glèbes fertiles de ce village. Cette action d’entraide s’appelle Tiwizi en kabyle. Et cette solidarité touche à toutes les activités de la communauté, telles que la récolte des olives, les travaux de dallage des habitations, la moisson, le nettoyage des rues, etc. En tout cas, au village de Wizrane, les valeurs ancestrales ne risquent pas de disparaître de sitôt, dans la mesure où les villageois, tous fiers qu'ils sont, les perpétuent avec fidélité. Pour sa part, le battage des épis moissonnés se fait toujours comme jadis, avec une aire entourée de pierres de schiste appelée en kabyle "Annar", où les grains de blé sont séparés de leurs enveloppes et tiges. Cette action est appelée en kabyle "Aserwet". Le paysan, assisté par ses proches et ses amis, fait tourner un baudet sur l'aire de l'entreposage de touffus épis de blé afin de le piétiner et de faciliter l'opération de séparation des grains de leurs enveloppes par moyen de fourches.

Syphax Y.

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