Par DDK | 7 Aout 2018 | 827 lecture(s)

Barbacha

La persévérance des jeunes agriculteurs d’Amarat

L’incendie, ayant ravagé plusieurs hectares de forêts, maquis et champs agricoles du côté d’Amarat, dans la commune de Barbacha l’été dernier, n’a pas découragé les agriculteurs.

Le désastre ne leur a pas fait abandonner leurs terres. Armés d’une détermination à faire de cette terre brulée un Paradis et un espace de plantation de tout genre de fruits et légumes, des agriculteurs, éleveurs, ont su conjuguer les activités pour tirer profit des richesses de la terre et préserver la flore et la faune sauvage dans son environnement naturel. Plusieurs d’entre eux ont investi dans les moyens et besoins pour leur créneau, se dotant de tracteurs et réalisant des forages qui leur permettent de transformer leurs lopins de terre en de véritables fermes produisant divers fruits et légumes saisonniers. «Avec ma source d’eau, j’ai pu réaliser le début de mon rêve pour oublier les conséquences des feux ravageurs de l’an dernier, car en perdant des dizaines de mes oliviers, j’ai décidé de passer à une autre culture malgré les difficultés de notre région montagneuse, et le travail a payé», explique Oulhadj, un agriculteur qui a surmonté les obstacles. Le climat, la pente, la terre montagneuse peu fertile et tant d’autres problèmes ne constituent plus un prétexte ou un obstacle pour ce jeune agriculteur. Au départ, devant son vaste jachère, Omar, un autre agriculteur, a préparé un hectare de ses terres pour le transformer en champ de pastèques, une culture inhabituelle sur ces terres arides et austères des montagnes. «Je me suis juste appuyé sur la disponibilité de l’eau pour l’irrigation et sur le soleil généreux. J’ai fait le pari de planter mille plants de ce fruit d’été, la pastèque, et voila le résultat ; des pastèques de plus de 20 Kg et d’une qualité supérieure». C’est un paradis sur terre dans cette région encore marquée par les stigmates des feux. Un champ verdâtre avec de grosses pastèques à profusion, entourées de godets de melon offrant un joli tableau vert et jaune. Faire une redonnée chez cet agriculteur à Amarat fait plaisir aux yeux. Il y a de tout, en fruits et légumes dont on trouve de l’haricot, de la courgette, du poivron, des concombres… La production est excellente pour notre interlocuteur qui avoue avoir juste tenté une expérience sur ces pentes de terre qu’on taxait de stériles. Amar, un autre agriculteur de la région confie : «Outre le jardinage, je cultive aussi des céréales. Malgré le manque d’espace, j’ai un rendement satisfaisant en ce qui concerne le blé, l’orge, les fèves et autres légumineuses.» Amar ajoute qu’il n’a jamais introduit d’engrais ou de pesticides pour ses terres. Il s’agit donc de produits qui ont muri au soleil et à l’eau de nos montagnes. L’élevage ovin, bovin, caprin, volaille, même en petite quantités, fait aussi partie des activités d’Amar qui a aménagé des locaux à cet effet. Messaoud, lui a cédé à une toute autre tentation. Habitant à la lisière des maquis et des petits carrées de forets écumés par un peuplement de gibier, il a su domestiquer cailles et lièvres dans les parages de sa demeure. De l’eau dans des bassines et des grains déposés à plusieurs endroits de son vaste terrain, Messaoud arrive à fixer perdrix et lupus sauvages dans des coins proches de son domicile.

Nadir Touati

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