Par DDK | 8 Aout 2018 | 1217 lecture(s)

Tazmalt

La figue fraîche à 300 DA

La figue fraîche a fait, ces derniers jours, son apparition sur les étals des fruits et légumes de Tazmalt. Au marché couvert de la ville, ce fruit du terroir a «captivé» la clientèle étant donné que les figues exposées à la vente sont les toutes premières récoltes de la saison. Mais, paradoxalement, les prix affichés sont loin d’être accessibles à de larges pans de ménages, qui ne pouvaient d’ailleurs que dévorer… des yeux ce fruit succulent et charnu. Les tarifs appliqués oscillaient entre 250 et 300 DA/kg. Dimanche dernier, vers 10 heures du matin, les cageots étaient toujours pleins de ce fruit, dénotant de la réticence pour son achat, vu ses prix exorbitants. «Des figues qui valent 300 DA/kg, c'est vraiment de la folie ! On dirait un fruit exotique. Il ne lui manque que quelques de dinars pour égaler les prix de la banane ! Jadis, la figue était le fruit du pauvre. On la cueillait dans les vergers à profusion. Elle ne se vendait pas d’ailleurs. Elle s’offrait gracieusement à ceux qui n'en avaient pas. Aujourd'hui que la culture des figuiers a lamentablement reculé, la production a chuté, d'où ces prix exorbitants qui donnent le tournis», regrette un septuagénaire accosté dans ledit marché couvert, «enserré» entre l'agence postale et le centre commercial de la ville. En effet, le recul du travail de la terre ces derniers temps dans ces contrées explique tout à fait l’envolée des prix de ce fruit de saison. Les vieux paysans qui prenaient soin des figuiers, presque vénérables, sont tous disparus. Quelques-uns seulement, téméraires qu'ils sont, continuent à veiller sur leurs figueraies, mais la production n'est plus ce qu'elle a été par le passé. Faut-il souligner que d'après les échos des paysans de cette région de l'arrière-pays de la vallée de la Soummam, la récolte de la figue fraîche, en attendant la figue sèche, s'annonce bonne, à la faveur de l’excellente pluviométrie enregistrée cette année. Même si la canicule, qui sévit depuis des semaines, pourrait jouer les «trouble-fêtes», il n'en demeure pas moins que son incidence serait «minime», étant donné que le figuier est un arbre réputé pour sa robustesse, de même que l'olivier. Deux arbres fruitiers qui résistent à la sécheresse. En attendant, la cherté de la figue fraîche ne laisse pas beaucoup de choix aux moyennes et petites bourses qui devraient patienter quelques jours encore ; le temps que le gros des fruits arrive à maturité et que les prix, baissent, par conséquent.

S. Y.

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