Par DDK | 9 Aout 2018 | 743 lecture(s)

Béni Maouche Village Akkur

Ni dispensaire, ni antenne de mairie, ni…

Le village Akkur, dans la commune de Béni Maouche, vit en marge du développement. Les habitants, qui s’accrochent vaille que vaille à leur clocher, sont confrontés aux affres de l’isolement et du dénuement. «Nous sommes les eternels oubliés de nos élus. Même le minimum vital est inexistant», fait remarquer un septuagénaire d’Akkur, déplorant que le village se soit vidé de sa substance humaine au fil des décennies. Autrefois terre d’opulence, Akkur s’est mué en lieu de misère, où il ne fait plus bon vivre. L’économie de subsistance, qui reposait essentiellement sur l’activité agropastorale et les métiers de l’artisanat, est en pleine déliquescence. Dans la foulée de la désagrégation de la paysannerie, le savoir-faire ancestral s’est fait la malle. La mutation socioéconomique a enfanté de nouvelles vocations qui ne s’accommodent pas du mode de vie traditionnel. Néanmoins, si l’exode reste principalement motivé par la quête de travail, le manque de commodités de base au village n’encourage pas les campagnards à y rester. «C’est difficile de résister aux sirènes de l’exode quand l’accessibilité aux soins de santé demeure un leurre, pour cause d’absence d’un dispensaire. Les services publics de proximité, tels que la mairie et la poste, sont tout aussi absents. Nos jeunes n’ont que les venelles du village pour se défouler, et la liste des carences est encore longue», déplore un citoyen d’Akkur. D’autres villageois soulèvent les difficultés d’approvisionnement en eau potable et l’irrégularité de la desserte publique. «L’eau est un vrai casse-tête. Elle n’est servie qu’une fois tous les dix jours en moyenne. Même la fontaine publique, dont on a demandé la réhabilitation, est livrée à l’abandon», témoigne un retraité. Akkur est aussi, signale-t-on, l’un des villages où le projet du gaz enregistre le taux d’avancement le plus faible. Pour s’y rendre, l’itinéraire fait subir au visiteur de pénibles moments de cahots, sur un chemin étroit, incliné à souhait et serpentant le relief tourmenté de la montagne.

N. M.

0