Par DDK | 30 Aout 2018 | 2201 lecture(s)

Un marché informel installé le long de la RN24

Les figues fraîches à 560 DA

C'est l'été, la saison de la figue fraîche. Un fruit succulent qui a malheureusement presque disparu dans l’arrière-pays de Béjaïa.

En effet, beaucoup d’arbres sont morts faute d’entretien. Ce fruit, qui existait à profusion il y a 15 ou 20 ans, est devenu aujourd'hui si rare, à telle enseigne que des marchands à la sauvette, de Bouira ou d'ailleurs, proposent leurs figues «fraîches» sur la RN24, au niveau d'Oussama, en allant à Boulimat, au prix inimaginable de 560 DA le kilo ! Un prix d’autant plus injustifié que les figues sont exposées au soleil d'août durant des heures, sachant que ce fruit méditerranéen se savoure frais. Dans le temps, les paysans de l'arrière-pays de Béjaïa offraient, à titre gracieux, des paniers entiers pleins de ce fruit aux passants. Mais il est vrai qu'à cette époque, les figueraies s'étendaient sur des piémonts, des ruisseaux jusqu'aux sommets des crêtes. Et chaque famille avait son séchoir à figues, en forme de triangle et fait de tiges du diss, qu’elle installait à l'orée des villages. Les figues, convenablement séchées au soleil d'août et de septembre, se conservaient, alors, jusqu'à la fin de l'hiver. Cette richesse existe encore de nos jours dans certaine contrées de la wilaya, comme Béni-Maouche ou Béni-Djellil. Mais à l'arrière-pays de Béjaïa, les seuls figuiers qui restent encore sont plantés dans des cours de maisons ou dans de petits potagers. Il y a aussi ceux qui ont miraculeusement échappé à la razzia des figuiers, car protégés par des buissons de genêts et des lianes épineuses des ronces. Parfois, çà et là, dans des villages qui ne sont pas entièrement désertés par leurs habitants, il subsiste encore jusqu'à trois ou quatre rangées de figuiers dans des champs qui ne sont pas totalement envahis par le maquis. Il faut dire qu’une maladie inconnue attaque les arbres par le sommet et en quelques jours seulement, leurs feuillages se fanent, leurs branches et leurs troncs s'écaillent et le figuier meurt irrémédiablement. Et comme dit l'adage, le malheur des uns fait le bonheur des autres, ceux qui ont su protéger et soigner leurs figuiers vendent aujourd'hui leurs fruits à un prix qui dépasse tout entendement.

B. Mouhoub.

0