Par DDK | 30 Aout 2018 | 1497 lecture(s)

Boudjellil

Tigrine, un douar oublié !

Le douar Tigrine compte trois villages isolés : Tigrine, Hamda et Ath Wihdane. Ces bourgades rurales perchées sur les "appendices" des monts des Bibans relèvent de la commune de Boudjellil. Elles ne sont pas desservies par les transporteurs de voyageurs, à l'instar des autres villages de la municipalité d’ailleurs. Il faut, donc, être véhiculé pour échapper aux affres de l'enclavement. Dans ce douar, il n’existe qu’une seule unité de soins, qui n'est malheureusement pas fonctionnelle à plein temps. Il y a aussi un bureau de poste, mais il n’est toujours pas raccordé au réseau de la fibre optique. Le volet de l’AEP connaît aussi des couacs, car ces trois villages ne sont pas alimentés régulièrement. L'eau ne coule que quelques heures par semaine dans les foyers, voire plus. Cela a contraint les habitants du village Tigrine à aménager un mini-forage avec l'aide d'un bienfaiteur pour renforcer la capacité de l’alimentation, mais cela reste insuffisant, déplore-t-on. Par conséquent, les habitants du douar se voient obligés, la plupart du temps, à recourir au remplissage de leurs citernes, moyennant entre 1000 et 1200 DA. Concernant le gaz de ville, cette commodité y brille par son absence bien qu'une conduite passe par cette localité. «Le gazoduc traverse notre douar sans que nous en bénéficions. Nous réclamons le raccordement de nos villages à ce réseau comme cela a été fait pour le chef-lieu communal et les autres villages», réclame-t-on. Le ramassage des ordures connaît également une irrégularité flagrante, n’étant pas assuré quotidiennement. Un état de fait qui aggrave la pollution, avec la prolifération de dépotoirs un peu partout à travers les villages, notamment sur les accotements du chemin communal qui dessert les trois patelins. Doté d'une pineraie à perte de vue et d'un panorama époustouflant, constitué de montagnes aux cimes dentelés, cette localité est envahie par les ordures ménagères et les eaux usées. Au volet jeunesse, c’est le point mort. La masse juvénile ne dispose pas d’espaces de loisirs et de sports dignes de ce nom. Aucuns des exécutifs communaux, qui se sont succédé à la tête de l'APC de Boudjellil, n'ont réussi à juguler le marasme et l'enclavement auxquels sont réduits ces villages perchées. Il n'y a pas la moindre ombre d'un foyer de jeunes, d'une aire de jeux pour enfants ou d'un stade convenable. Situé au village Ath Wihdane, l'unique stade, ou ce qui semble en être un, manque en tout. Le terrain est certes vaste mais il gagnerait à être réhabilité et doté de tout le nécessaire (vestiaires, clôture, équipements...). Le douar est connu, par ailleurs, pour ses potentialités agricoles, notamment arboricoles. Des centaines d'amandiers y ont été plantés depuis des siècles, ce qui constitue une manne pour les habitants. Un vaste verger oléifère tapisse les flancs abruptes des collines et ravins de cette contrée. Les habitants du douar attendent, en définitive, un geste fort de la mairie de Boudjellil et de la wilaya pour en finir avec les carences enregistrées.

S. Y.

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