Par Aziz Bey | 4 Décembre 2014 | 2308 lecture(s)

Le secteur de l’hydraulique veut renforcer ses structures

Un quatrième barrage à l’étude

L’eau, ce n’est pas seulement la vie, c’est aussi l’économie. Elle alimente les villes et les villages ; elle fait reculer le désert et le transforme en terres fertiles ; enfin elle fait tourner les usines. Sans elle rien ne vit, rien ne marche. Les plaines deviennent des saharas et les villes et les villages des cimetières. Il est communément admis que les sociétés évoluées sont celles qui ont résolu définitivement le problème que pose cet élément vital. Il n’y a pas de développement sans d’importantes ressources hydriques. Avec ses trois barrages (Oued Lakhal, Tilesdit et Koudiet Acerdoune), sans parler de la kyrielle de retenues collinaires, la wilaya de Bouira peut se targuer de deux choses : elle a dépassé le slogan économique tant de fois martelé dans les réunions et les séances de travail par les autorités, à savoir l’autosuffisance en matière d’AEP, et elle fournit l’excédent de ces ressources vers les wilayas limitrophes affectées durant la sécheresse. Ainsi en est-il des grands transferts à partir du barrage de Koudiet Acerdoune vers Médéa, M’sila, Bourdj Bou Arreridj, Tizi Ouzou et même Alger. Elle a même fait une chose qui était impensable il y a seulement quelques années : alors que le spectre de la sécheresse revient hanter les esprits après les deux ou trois années fastes connues entre 2003 et 2005, elle vient de voler au secours de la capitale en transférant plus de 20 millions de m3 vers le barrage de Kadara, descendu à son niveau le plus bas, et de réserver les eaux du barrage de oued Lakhal à l’usage exclusif des périmètres irrigués. Cette dotation colossale s’est effectuée durant le mois d’octobre, alors que l’usage du contenu du dit barrage à des fins strictement agricoles et maraichères a été décidé il y a à peu près un an. C’est ce que nous apprenions dernièrement auprès du chef de service chargé de la mobilisation des ressources en eau, M. Ali Makaci. Selon ce dernier, les barrages se remplissent tous les deux ou trois  ans : ce sont les apports pluriannuels. Annuellement, cela donne 193 millions de m3 pour le barrage de Koudiet Acerdoune, 73 millions de m3 pour le barrage de Tilesdit et 15 millions de m3 pour le barrage oued Lakhal. Actuellement, le premier de ces barrages est à 540 m3 de ces capacités estimées à 640 m3, le second à 153 m3 pour une capacité de 168 m3 et le troisième, le plus petit et le plus ancien à 8,4 millions de m3 pour une capacité de 27,2 millions de m3.Toujours, selon notre source, le barrage d’oued Lahal qui est à son niveau le plus bas, connaîtra prochainement un important transfert à partir de Tilesdit sur une longueur de 40 km. Ce projet a pour objectif de répondre aux besoins en dotation qui est fort importante et qui se heurte souvent aux restrictions imposées par la sécheresse et l’absence de pluviométrie. Il faut rappeler que cet ouvrage servait à l’alimentation en eau potable de quatre daïras : Aïn Bessem où il est implanté, El Hachimia, Bir Ghabalou et Sour El Ghozlane. Au sujet du problème que pose la prolifération des algues au niveau de ce barrage, notre interlocuteur a tenu à être rassurant : la présence de ces êtres microscopiques ne fait craindre aucun danger pour le consommateur. D’ailleurs, il vient d’être désaffecté et de toute façon, le lâcher des carpes qui se fait tous les deux ou trois ans au niveau des trois barrages a pour but d’éliminer les algues, les carpes s’en nourrissant, tout naturellement. Au sujet des périmètres irrigués, le chef de service de la mobilisation des ressources en eau a fait savoir qu’ils représentent à Bouira 4% de la surface agricole, avec 220 ha à Aïn Bessem, dans la plaine des Arribs et 7 000 ha à El Esnam, dans la plaine du Sahel. L’objectif qui est de faire de la wilaya le grenier du pays en matière de céréales et de maraichages et de doubler les périmètres irrigués pour parvenir à une production optimale de la pomme de terre, dont la rareté à certaines périodes de l’année fait monter anormalement le prix du kilo. Cependant, les efforts de l’Etat ne s’arrêtent pas là. Sachant que les besoins en eau sont liés à la croissance démographique, bien que la wilaya de Bouira connaisse sur ce plan un ralentissement inquiétant, les responsables du secteur ont déjà pensé à la construction d’un quatrième barrage du côté de Souflat, dans la daïra de Souk El Khmiss. Il permettra de retenir les eaux d’oued Bouaamoud, confluent d’oued Isser qui passe non loin de Lakhdaria. Ce projet est à l’étude, selon notre interlocuteur.

Aziz Bey

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