Par DDK | 17 Juillet 2017 | 508 lecture(s)

Ath Mansour Eaux usées, ordures ménagères, débris, margines...

Pollution critique de l'oued Amarigh

Jamais l'oued Amarigh n'a connu une pollution aussi alarmante que celle de ces dernières années. Ce cours d'eau, qui prend source des entrailles de la chaîne montagneuse des Bibans, est l'un des affluents de l'oued Sahel. À l'arrivée de la période estivale, le débit de ses eaux chute drastiquement à cause de la sécheresse. Ce n'est qu'en automne qu'il commence à ‘‘s’animer’’, avec des crues souvent violentes allant jusqu'à inonder les terres agricoles qui le longent. Malheureusement, cette rivière, dont les eaux sont de qualité saumâtre, se trouve depuis ces dernières années en proie à une pollution qui ne dit pas son nom. Presque aucun endroit n'échappe aux déchets solides et liquides qui y sont jetés journellement. Cette rivière traverse les territoires de la commune d'Ath Mansour à l'Est sur environ une dizaine de kilomètres. Elle coule près des localités de Tihemamine et Ath Bouali. «Jadis, l'eau de l'Amarigh était utilisée dans l'irrigation des cultures comme les maraîchages et les arbres fruitiers. Elle était potable malgré son caractère un peu saumâtre, dû aux sels qui s'y déposent. Il arrive d'apercevoir des traces du sel, une couche blanche immaculée, sur les berges de cette rivière. Aujourd'hui, avec sa pollution critique, il est impossible de l'utiliser pour l'agriculture, car elle est usée et pleine de déchets chimiques», regrette un riverain. Le constat dans ce cours d'eau est sans appel: des eaux usées pestilentielles suintent le long de l'année sur son lit, car tous les réseaux de l'assainissement des localités limitrophes y débouchent. Les déchets solides (ordures ménagères, débris, déblais...) y sont jetés sans aucun ménagement sur les berges et le lit de l'Amarigh, le polluant à l'extrême. «Il n'y a aucune culture écologique chez nous. Tout est "bon" à polluer alors?», ironise un amoureux de la nature. En conséquence de cette situation pour le moins catastrophique, les animaux aquatiques qui peuplaient cette rivière ont carrément disparus des lieux. «L’on n'aperçoit plus les belles daurades argentées, les anguilles et autres bestioles aquatiques dans l'Amarigh ces dernières années. Même les têtards et les grenouilles ont disparu. C'est le signe d'une pollution grave !», se désole un citoyen de la région.

Y Samir.

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