Par DDK | 12 Octobre 2017 | 1527 lecture(s)

Aguouillal

Un village qui attend…

Aguouillal est une localité forestière et montagneuse située à 45 km au nord-est du chef-lieu de la wilaya de Bouira et à une quinzaine de km au nord de la commune d’El-Adjiba. Après l’exode rural enregistré en 1998, le village compte actuellement quelques 400 habitants, dont la majorité travaille la terre et l’élevage. Les citoyens de cette bourgade attendent toujours leur « part de développement » et sont à ce jour sans les commodités de vie les plus élémentaires comme l’eau potable, le gaz, l’école et l’éclairage public pour ne citer que ceux-ci. «C’est dans un cadre des plus désagréables que les habitants de ce village se débattent quotidiennement pour gagner leur vie de misérables», se lamente un des citoyens de cette localité. Les carences dont souffre le village date de trente années, et «nous vivons toujours les mêmes problèmes, les mêmes manques en matière de gaz, d’eau potable et d’écoles ainsi que l’éclairage public», a confié un des citoyen du village, qui a vivement critiqué l’attitude de l’actuel maire d’El-Adjiba, qui a, selon lui, «complètement ignoré notre existence». «Ce genre de responsables ne viennent qu’à l’approche du vote, et maintenant nous ne sommes pas dupes, nous aurons besoin de vrais responsables pour gérer les affaires de la cité», estime-t-il. Depuis 2013, les citoyens d’Aguouillal n’ont pas cessé d’interpeller les autorités municipales d’El-Adjiba quant à la prise en charge de leurs doléances relatives essentiellement à l’eau potable, à la réhabilitation de la route, l’éclairage public et la réalisation du réseau d’assainissement pour le village. La dernière requête déposée par ces mêmes citoyens au niveau du bureau de l’actuel maire, en l’occurrence M. Banoun Hamiche, remonte à 2014 lorsqu’ils avaient protesté contre l’absence de soutien des autorités. Le responsable avait alors promis aux protestataires de prendre en charge toutes les préoccupations qui ont été soulevée ce jour-là. Mais aucune suite n’a été donné à ce jour, témoigne un groupe de citoyen. «Ce responsable nous marginalise et il n’a rien fait depuis son arrivée», souligne Samir, un jeune du village âgé de 30 ans. Le problème de l’eau potable persiste toujours et aucune solution n’a été trouvée à ce jour. «La mairie doit réhabiliter la principale conduite alimentant le village Aguouillal ainsi que la bourgade de Tiniri, située juste en contrebat du village et qui compte plusieurs dizaines d’habitants», a réclamé Makhlouf, un autre citoyen du village. Quant à l’unique école primaire construite depuis les années 1980 et baptisée du nom du martyr Heddadi Said, elle est fermée depuis trois ans, obligeant ainsi les enfants scolarisés de rejoindre d’autres établissements situés à Semmache, soit une distance de 10 km que les écoliers parcourent matin et soir pour poursuivre leurs études. «Ce n’est pas normal de voir cette école fermée alors qu’elle a formé de hauts cadres de l’Etat», a ajouté Makhlouf. En 2017, le village Aguouillal considéré comme un haut lieu de l’histoire de la guerre de libération nationale, est resté dépourvu du gaz naturel et de l’éclairage public, une carence qui durcit davantage la vie des paysans de cette localité montagneuse, ayant abrité en 1957 et 1958 des réunions du colonel Amirouche Ait Hammouda en compagnie de plusieurs dizaines de Moudjahidines de l’armée de libération nationale (ALN), selon les témoignages d’anciens Moudjahidines de la région à l’image de Belkacemi Si Mouh et El-Hadj Ahmed. Aujourd’hui, les habitants de cette bourgade demandent aux responsables concernés d’honorer leurs engagements pris vis-à-vis des sacrifices faits par les valeureux martyrs de la révolution nationale en œuvrant pour l’amélioration du cadre de vie des citoyens de ce village et ceux de toutes les localités enclavées.

R. D.

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