Par DDK | 14 Novembre 2017 | 1111 lecture(s)

CHORFA école primaire Badji Tahar de Chokrane

Les parents d'élèves provoquent une grève

Les parents d'élèves de l'école primaire Badji Tahar de Chokrane ont décidé d'entamer une grève pour leurs enfants en les retenant chez-eux, depuis avant-hier. Cette action devra durer trois jours, selon ces mêmes parents, pour protester contre de nombreuses carences au niveau de cet établissement du premier cycle mais aussi pour dénoncer le manque de communication de la directrice qui refuse, selon eux, d'écouter leurs doléances. Une grève qui intervient, selon ces parents, après l'apparition d'une épidémie progressive de parasites intestinaux (ascaris et oxyures) sur plusieurs élèves. Un état de fait qu'ils imputent directement au manque d'hygiène notamment au niveau des classes et sanitaires à cause de l'absence d'un agent d'entretien. Les parents nous apprendront que la panique s'est emparée d'eux après qu'un élève fréquentant cette école ne soit hospitalisé suite à une infection intestinale. Les enseignants rencontrés sur les lieux abondent dans le même sens en soulignant un manque flagrant de communication de la responsable avec eux, mais aussi plusieurs carences qui se répercutent sensiblement sur le bon déroulement des cours. Les enseignants ont insisté pour nous faire visiter la salle des professeurs qui leur est réservée. Une minuscule pièce de 3x3m vétuste, sale avec des murs non ravalés et la couche de peinture disparue. Le tout aggravé par un ruissellement de l'eau de pluie à partir de l'étanchéité. L’installation électrique est sommairement réalisée, et à cela s’ajoute des vitres brisées de plusieurs classes non remplacées et le manque de nettoyage avec des salles de cours poussiéreuses. Les enseignants se plaignent également de l'insécurité de l'école car étant implantée dans un lieu isolé. Les mêmes enseignants diront que les élèves restent sans surveillance entre midi et 12h45 malgré la présence de 5 agents recrutés dans le programme du pré-emploi. Ces derniers, selon les enseignants, auraient été affectés en totalité à l’administration. Les derniers points soulevés par le corps enseignant sont le manque de moyens pédagogiques tel que la craie, et des tableaux anciens en bois non remplacés à ce jour, et enfin la surcharge des classes entre 34 et 41 élèves par classe. Pour leurs parts, les parents d’élèves menacent d’enclencher une grève illimitée si la tutelle et les autorités locales ne donnent pas suite à la requête détaillée à laquelle est annexée une pétition comportant 30 signatures. Une réclamation réceptionnée en date du 17 octobre 2017, au niveau du secrétariat de la Direction de l'Education de Bouira et dont une copie nous a été remise. Notons enfin que même la qualité de l'eau reçue dans cet établissement à partir d'un forage est remise en cause par ces mêmes parents. La directrice n'étant pas présente lors de notre passage, nous n'avons malheureusement pas pu recueillir sa version des faits. Rappelons que l'école primaire Badji Tahar assure pas moins de 198 places pédagogiques réparties sur 8 divisions.

Oulaid Soualah

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