Par DDK | 12 Février 2018 | 1530 lecture(s)

Journée scientifique sur les rhinites

Près de 15% de la population touché par la maladie

La Société algérienne de médecine générale (SAMG) du collège de Bouira a organisé, vendredi dernier, une journée scientifique au niveau de la bibliothèque principale de la lecture publique au chef-lieu de wilaya.

C’est le professeur Farid Boudjenah, spécialiste en ORL qui s’est exprimé sur le thème des rhinites allergéniques, maladies ayant tendance à se propager en cette période de l’année et qui touche de plus en plus de sujets. Le docteur Tafat Abdelkader, responsable de la SAMG du collège de Bouira, et les docteurs Brahimi et Moali estiment que cette journée est l’une des nombreux objectifs du SAMG pour sensibiliser les généralistes sur les rhinites, entre autres. «En cette période de rhinites, nous allons essayer de faire profiter le maximum de médecins de la région aussi bien ceux issus du secteur public que privé. Cette journée s’inscrit dans le cadre de la formation continue initiée par la SAMG, créée en 2011 par un groupe de médecins. Nous devons parvenir à la spécialisation de la médecine générale en Algérie comme c’est le cas dans les pays voisins, en Tunisie ou en France, car nous sommes parmi les derniers pays qui ne sont pas arrivés à ce stade de spécialisation. Une formation plus que nécessaire pour nos médecins généralistes afin d’assurer une meilleure prise en charge des malades», espère le docteur Tafat. Ce dernier déplore le fait que ces formations ne sont toujours pas sanctionnées par des diplômes. «Malheureusement, ces formations ne sont pas validantes et se font avec l’apport des laboratoires qui nous aident, et donc, forcément il y a un conflit d’intérêts. Nous aurions aimé que cette formation continue soit organisée par le ministère de la Santé et le ministère de l’Enseignement supérieur. Il est prévu que la spécialisation de la médecine générale sera enseignée à partir de l’année prochaine. Donc pour les générations à venir, il y aura cette spécialisation de la médecine générale. Pour les 35.000 médecins généralistes qui exercent actuellement à l’échelle nationale. Nous cherchons actuellement la formule adéquate pour qu’ils obtiennent et accèdent à une formation continue validante qui sera gérée par les ministères et non plus par les laboratoires», soulignera le docteur Tafat.

Février, mois propice aux rhinites

C’est Mme Leila Ilhem Ghalem, directrice de la santé de Bouira et représentant le wali, qui a donné le coup d’envoi de cette journée en se félicitant que les médecins présents se penchent sur le thème de la rhinite allergénique qui sévit en cette saison et qui touche de plus en plus de sujets. Le professeur Boudjenah expliquera pendant son intervention que la rhinite allergique en Algérie sévit toute l’année, mais certains types de rhinites allergéniques commencent justement en cette période. «En Algérie, les rhinites allergéniques commencent vers février, c’est pourquoi nous avons opté pour ces formations début février contrairement en France où la rhinite se développe fin mars. Lorsque vous êtes à l’extérieur, vous voyez plein de fleurs qui éclosent et la pollinisation commence. La meilleure façon de contrer cette pathologie c’est d’adopter quelques mesures d’hygiène nasale pour éviter des complications qui vont entrainer des problèmes qui donneront des sinusites, des otites et l’asthme aussi», indiquera-t-il. Ainsi, selon l’orateur, des études ont montré qu’un sujet atteint d’une rhinite allergénique multiplie par 8 le risque de contracter l’asthme. «En traitant bien et à temps la rhinite allergénique, on diminue le risque de l’apparition de l’asthme. C’est une maladie très fréquente actuellement et elle est en augmentation continue à cause de la pollution essentiellement, et beaucoup de facteurs liés à l’environnement. Ces rhinites touchent entre 10 à 30% de la population. Il y a une personne au moins qui développe une crise de rhinite allergénique en Algérie et les statistiques font état de 15% de la population qui est atteinte dans différentes régions du territoire national selon que le climat y est sec ou tempéré». Le professeur Boudjenah répondra ensuite aux questions des médecins présents en mettant l’accent sur les traitements à suivre entre les médicaments qui contrôlent l’allergie et le traitement de désensibilisation progressive. D’ailleurs, lorsque la cause de l'allergie est bien définie et que les traitements médicamenteux ne sont pas efficaces, il est possible d'envisager un traitement de désensibilisation ou d'immunothérapie, consistant à injecter, sur une certaine période, des doses croissantes de la substance allergène. Un traitement disponible uniquement pour des allergènes communs, comme les pollens, les squames de chats et de chiens, les acariens et les moisissures. Toutefois, pour le professeur Farid Boudjenah, la meilleure façon de diminuer cette charge allergénique est de se moucher le nez convenablement le matin, faire des lavages du nez, éviter des endroits propices à la propagation de la rhinite saisonnière. «Il faut apprendre aux enfants à se moucher le nez, se laver le nez matin et soir pour diminuer la charge allergénique. Ce sont là autant de mesures et de précautions à prendre pour éviter de contracter une rhinite», préconise-t-il. À noter que plus de 70 médecins exerçant à travers les EPH, EPSP et cabinets privés sont venus assister à cette journée inscrite dans le cadre de la formation continue des médecins généralistes.

Hafidh Bessaoudi

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