Par DDK | 16 Mai 2018 | 948 lecture(s)

Tamellaht

El waâda, une tradition toujours de mise

Les traditions ancestrales sont toujours de mise à Tamellaht, relevant de la commune d’Ahnif, qui continue toujours à perpétuer les pratiques séculaires de nos aïeux, nonobstant la mondialisation tous azimuts qui agit, comme un rouleau compresseur, sur les organisations sociales ancestrales. Parmi les vieilles traditions auxquelles tiennent encore les habitants de la région, il y a l’offrande, appelée communément en kabyle «El Waâda». Cette coutume, qui nous vient des temps immémoriaux, consiste en la préparation d’un repas frugal, composé généralement de couscous et de viande, qui sera, ensuite, servi à travers village, généralement sur le parvis de la mosquée ou dans un lieu public, souvent à la fin de la prière du vendredi. Des familles bénévoles offrent aux habitants ces mets en signe de respect et de convivialité. Le couscous, agrémenté de tranches de viande, est servi aux convives dans une ambiance fraternelle qui ne fait que raffermir les liens et pérenniser la solidarité et la fraternité parmi les villageois. Il arrive aussi que l'on fasse offrande de beignets et de café ou de tout autre entremet traditionnel à l’ensemble des habitants. «El Waâda est une tradition séculaire qui nous a été léguée par nos ancêtres. C'est une coutume sociale qui appelle à la fraternité, à l'amour du prochain et à l'entraide. Tous les différends sont aplanis avec cette action symbolique et caritative. Les villageois se retrouvent autour d'un repas qu'ils partagent dans la convivialité et l'union. Cette tradition n'a jamais fait de mal à personne, alors pourquoi l'oublier? Nous avons besoin de toutes ces belles traditions caritatives et bénéfiques lesquelles permettent le renforcement et le raffermissement des liens sociaux. Cette action est organisée pour également ‘’éloigner’’ les malheurs et la poisse. En ces temps modernes, où l'individualisme prime sur le collectif et les liens et les relations affectives s'effilochent au fil des ans, nous avons vraiment beaucoup à gagner en pérennisant ces belles traditions pour défaire les inimitiés», préconise un habitant de Tamellaht.
Y. S.

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