Par DDK | 11 Juillet 2018 | 1287 lecture(s)

Oléiculture

L’activité en pleine mutation

Les efforts de l’Etat concernant l’agriculture et plus particulièrement l’oléiculture commencent à donner d’excellents résultats. C’est ce qu’affirment les services de la DSA de Bouira suite à l’obtention par M. Ouagued Aomar d’une médaille d’or pour son huile d’olive dans la catégorie Fruitée vert intense issue de son verger d’Ahnif. Selon Mme Kerkoud Salima chargée de la communication auprès de la DSA, M. Ouagued Aomar a bénéficié d’une formation en 2012 dans le cadre du programme champ-école, sponsorisée par la FAO en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture et l’INPV de Draa Ben Kheda, spécialement pour la filière oléicole, chapeautée par la direction de l’agriculture de Bouira. «M. Ouagued figurait parmi les 22 agriculteurs de la région de M’Chedallah et Ahnif, qui ont été ainsi formés pendant 05 mois par les cadres de la DSA et c’est un honneur de voir ses efforts récompensés. C’est un oléiculteur performant de la région de M’Chedallah, M Zaher, qui a mis à notre disposition un local pour assurer cette formation à M’Chedallah en nous apportant ses moyens logistiques sous l’encadrement d’un cadre de la DSA, spécialiste en oléiculture diplômé d’Espagne et d’Italie», indique cette responsable. Six années après cette formation, les oléiculteurs ont pu percer en améliorant la qualité de l’huile produite à Bouira d’où le prix sur la dégustation obtenu le 04 juillet dernier. «Il s’agit d’une technique enseignée lors de cette formation avec un module déterminant les qualités d’une huile extra vierge avec des critères organoleptiques ou sensoriels. C’est lors de cette formation qu’il a été démontré que l’huile d’olive verte avait des qualités la distinguant des autres huiles, car exportable, de qualité et aux normes internationales. Avant cette distinction, M. Ouagued avait participé à de nombreuses expositions avec la DSA lors des foires et salons au niveau local et national», souligne Mme Kerkoud. L’huile d’olive de M. Ouagued avait séduit l’ambassadrice d’Indonésie lors de son séjour à Bouira l’année dernière, sans pour autant dénier plusieurs oléiculteurs qui produisent de l’huile de qualité, surtout pour l’extra vierge. «Il reste à changer certaines habitudes ancrées pour promouvoir et vulgariser cette huile extra vierge. Les habitudes de collecte, de trituration, et les mentalités des consommateurs qui préfèrent l’huile d’olive lampante pour sa douceur, moins âcre que l’extra vierge. En l’absence d’analyse chimique des huiles de Bouira, il est impossible de déterminer la quantité d’huile extra vierge, aux normes internationales, exportable. Toutefois beaucoup d’experts déclarent que sa qualité est défectueuse. «Pour les ménages algériens, une huile amère est de mauvaise qualité alors que c’est faux. L’amertume de l’huile extra vierge et son gout piquant sont nécessaires, comme nous l’expliquons. La fermentation de l’olive nuit à la qualité. Les journées de vulgarisation doivent faire passer ces consignes afin de produire une huile de qualité en respectant l’itinéraire technique indiqué», souligne Mme Kerkoud. L’huile d’olive dans son caractère scientifique dispose d’une acidité spécifique. Le gout amer correspond aux antioxydants contenus naturellement dans l’huile. On le retrouve en début de campagne lorsque les olives commencent à se doter d’une couleur bleue. Fruitée et vert intense, signifie récoltée en début de campagne sauvegardant les antioxydants qui ne sont plus présents lorsque la campagne bat son plein ou en fin de récolte. Les maintenir dans l’huile d’olive, nécessite le respect du seuil ou de l’indice de maturité du fruit pour obtenir une huile de qualité. «Notre huile d’olive est bio à 100%, car nous ne traitons pas nos oliviers aux produits phytosanitaires. Quant aux éventuels résidus chimiques pouvant se trouver dans l’eau, nos oliviers ne sont pour ainsi dire jamais irrigués», explique la chargée de communication de la DSA. M. Ouagued Aomar, qui a décroché cette distinction devra poursuivre ses efforts en partenariat avec les autorités, afin de pouvoir exporter son huile extra-vierge dont les délais de conservation n’excèdent pas les 17 mois.

Hafidh Bessaoudi

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