Par DDK | 16 Juillet 2018 | 1269 lecture(s)

Saharidj

Ruée sur les cours d'eau

Les cours d'eau de la région de Saharidj, une commune de haute montagne sise au nord de la daïra de M’chedallah sont relativement épargnés par la pollution. Ils sont les rares à travers la daïra à ne pas subir la souillure des eaux usées. Depuis le début de ce mois de juillet, ces cours d’eau sont pris d’assaut par des dizaines de jeunes qui fuient la monotonie et la forte chaleur de ces jours-ci. Saharidj compte trois importants cours d'eau qui ne tarissent pas en été. Deux de ces cours, les plus connus, sont Assif Levaal et Assif Iwakuren. Ils sont situés à la périphérie est du chef-lieu de commune et prennent naissance tous les deux des hauteurs de la chaine montagneuse du Djurdjura sur ses flancs sud. Comme deux lignes parallèles, à quelques encablures l'un de l'autre, ces deux ruisseaux dévalent la pente pour se rencontrer au lieu dit Taghurfets Irumyen. Du temps de l’occupation française, un colon y avait construit une résidence de villégiature, une sorte de résidence d'été. Les deux cours d'eau sont alimentés par de nombreuses sources vives mais aussi par les fontes de neige. Leur trajet étant sur un itinéraire fort accidenté et en forte gravitation, fait qu'ils sont parsemés de cavités en forme de piscines naturelles dénommées en kabyle «Timedwa», pluriel de «Tamda», avec même de minis cascades par endroits. Ce sont ces cavités qui attirent chaque été les jeunes du chef-lieu de commune et des quartiers de Aggach et le vieux Saharidj. Ces jeunes y passent le plus clair de leur temps se baignant et profitant de la fraîcheur des lieux embaumés par les buissons de lauriers, de fleurs sauvages qui garnissent les bordures des ruisseaux. Le troisième important cours d'eau de la région est celui d'Assif Ath Illiten, dénommé aussi Assif Assemadh et situé en contrebas, dans la commune de M'chedallah. Assif Ath Illiten prend naissance à proximité de Tizi n'koulal. Il est alimenté par le surplus du phénoménal débit de la source noire «Lainser Averkan» mais aussi de nombreuses sources vives qu'il draine sur son passage. Il enregistre la même affluence des jeunes d'Ath Hamad, Ath Illiten et ceux d'Imesdhurar. Ces cours d'eau ont été épargnés par la pollution des eaux usées sur une bonne moitié de leur itinéraire du fait d’être situés en amont des centres habités. Ils se jettent tous les trois dans Assif n'sahel pour se mêler aux eaux usées et rejoindre la mer, 100 kms plus loin à Béjaïa. Un investisseur originaire du village Ath Ali Outemim a aménagé cette année une piscine au lieudit Vou-Fenzar, à proximité de la région de Tala Rana. Les lieux enregistrent déjà une spectaculaire ruée.

Oulaid Soualah

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