Par DDK | 17 Juillet 2018 | 987 lecture(s)

M'Chedallah

Anarchie dans les transports

Le transport des voyageurs est une filière des plus florissantes mais aussi des plus mal gérées dans la daïra de M’chedallah. Après les augmentations des tarifs en début de l'année, les voyageurs espéraient une légère amélioration des prestations de service. Mais, à part cette augmentation exagérée ayant provoqué plusieurs mouvements de protestation des voyageurs dans la région, les choses n’ont rien vu de changé, sinon se sont empirées depuis. Les fourgons de transports de voyageurs intercommunaux offrent le même aspect d'insalubrité, d'usure et d'anarchie. Aucune ligne n'est épargnée par cet état de fait, excepté la ligne M'chedallah-Bouira sur laquelle les intervenants propriétaires de minibus offrent des conditions de transport plus au moins acceptables. Le reste des transporteurs qui desservent les communes de la daïra de M'Chedallah et les villages de la circonscription sont en majorité de vieux fourgons déglingués, sales et usés qui n'offrent aucune commodité, pas même les normes les plus élémentaires de sécurité des voyageurs : portes tordues qui ne se ferment plus, poignets et passes détériorés et ne fonctionnant que de l'extérieur... En cas d'accident ou d'incendie, aucun des voyageurs prisonniers n'échapperait. Ajoutons que la plupart des transporteurs sur les lignes qui desservent les villages travaillent au noir, pas même un ticket qui ferait office d'assurance n’est délivré pour le trajet. A toutes ces conditions, s'ajoute l'état des routes qui fait des itinéraires des trajets à haut risque. Des routes défoncées sur lesquelles les transporteurs ballottés par le conducteur slalomant entre les nids de poule se retrouvent à faire de véritables acrobaties. Les dos d’ânes sommairement réalisés, ne répondant à aucune normes finissent de projeter les voyageurs au plafond donnant à l’expédition un aspect des plus burlesques. Les arrêts, eux, se font à la demande et souvent au détour d'un virage sur des tronçons où la visibilité est réduite, en l'absence d'arrêts réglementaires. Le tout s'effectue à la vitesse grand «V», car, ici, l’adage disant que le temps c’est de l’argent prend toute sa signification. Des transporteurs, notamment sur la ligne M'Chedallah/Akbou s'adonnent à de véritables rallyes dans une course effrénée à qui précéderait l’autre aux arrêts pour rafler les voyageurs. La sécurité des passagers n’a pas la priorité dans cette chasse aux sous. Les barrages de contrôle des transports de voyageurs pouvant imposer un tant soit peu de conditions pouvant rassurer les usagers, sont rares, presque inexistants, et gare au voyageur qui oserait protester : ici, le client est loin d’être roi. Mettre un peu d’ordre dans ce secteur en proie à l’anarchie, est devenu impératif, d’où la nécessité d’une intervention des services concernés.
Oulaid Soaulah

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