Par DDK | 22 Juillet 2018 | 1242 lecture(s)

AÏN EL HAMMAM - Lancement du Festival Raconte-arts

C’est la fête à Tiferdoud

Le coup d’envoi de la 15ème édition du Festival Raconte-Arts a été donné, jeudi soir, au village Tiferdoud (à 70 km au Sud-est de Tizi-Ouzou), en présence d’une multitude d’artistes et des centaines de citoyens venus des quatre coins du pays.

La manifestation, organisée par la Ligue des arts cinématographiques et dramatiques de Tizi-Ouzou, s’étalera jusqu’au 26 juillet, avec la participation de pas moins de 400 artistes venus de toutes les régions du pays et de plusieurs pays étrangers. C’est «un hymne à la citoyenneté », a indiqué Arezki Diche, président de la ligue organisatrice. De son côté, M’barek Menad, membre de la ligue souligne que «c’est là un nouveau défi que nous relevons, en perpétuant cette dynamique enclenchée il y a 14 ans et qui suscite toujours un intérêt vivace auprès des citoyens». Dès les premières heures de la journée, des groupes de ‘’racontaristes’’, artistes et citoyens, ont commencé à affluer vers le village Tiferdoud, dont l’ensemble des habitants se sont mobilisés pour la réussite de la manifestation. «C’est un honneur pour nous d’accueillir la manifestation et nous avons mobilisés tous les moyens, humains et matériels, nécessaires à sa réussite», indique Mohamed Salem Sadali, membre du comité du village. La présence du chef de daïra d’Aïn El Hammam, dont dépend la commune d’Ath Bouyoucef, des gendarmes, des policiers et du P/APC n’est pas passée inaperçue. Présent également, le P/APW, Youcef Aouchiche, saluera «une belle initiative», relevant que «pareilles manifestations sont à encourager car elles renforcent le lien social et ravivent la participation citoyenne dans la gestion de la chose publique», affirmant que «l’APW est prête à accompagner et soutenir ce genre de manifestations». Et les festivités ont commencé dès la soirée, dans une ambiance très joyeuse. Le lendemain, vendredi, au matin, l’affluence des visiteurs a créé un embouteillage inextricable sur la RN15, qui traverse le village. Les organisateurs ont d’ailleurs fait l’impasse sur le «pèlerinage» à Ourdja, village de Lala Fadhma N’Soumer, qui devait avoir lieu en ouverture des activités de la journée. Au niveau de la cour et d’une salle de l’ancienne école primaire, des exposants, dont un Français habitué de l’événement, ont étalé des livres mis en vente. Mais le public était plus tenté de découvrir le village «le plus propre» de la wilaya que de lecture. Derrière une porte dérobée se tient quotidiennement l’atelier «Un jour, un livre». A l’ombre d’un arbre, une quinzaine de personnes suivaient une conférence de M. Mouloud Ounouguene. Un peu plus loin, un attroupement attirait le regard par son importance. La foule entourait une chanteuse kabyle qui chantait et dansait sous les acclamations des présents. Elle était accompagnée d’une chorale d’hommes assis à même le sol. Fait nouveau, pour assister aux évènements, les visiteurs sont priés de payer le ticket d’entrée à 100 dinars, contrairement au festival de l’an dernier à Aït Ouabane. Mais le festival est également une opportunité commerciale pour les villageois. La plupart des maisons ayant une entrée sur la rue sont aménagées en locaux commerciaux. Un vannier, une potière et quelques vendeuses de robes kabyles attirent l’attention aux côtés des vendeurs de glaces et autres fastfood de fortune. Des femmes assises sur le pas de leur porte proposent du café ou du thé dans des thermos dressés sur une table et quelques gâteaux faits maison. Il faut également signaler que les prix pratiqués, comme lors de tels événements qui regroupent des foules, sont parfois exagérés. A titre d’exemple, une tasse portant la photo du village est cédée à 600 dinars. Intitulée "Tizi n laryah", cette 15ème édition accueille pas moins de 420 artistes, dont une centaine d'étrangers, de différentes disciplines artistiques. Les artistes nationaux participant à cette édition «viennent des quatre coins du pays et représentent différentes disciplines, tandis que les étrangers viennent de France, d'Italie, d'Espagne, de Russie et du Congo», a-t-on appris auprès des organisateurs. Un riche programme tout en couleurs et en sonorités a été concocté pour cette édition, proposant de la musique, du théâtre, de la peinture, du conte, de la poésie et pour la première fois, a-t-on souligné, «un atelier de cirque destiné aux enfants». Il est également prévu, tout au long de ce Festival, une série de conférences et tables rondes qui traiteront de divers sujets en relation avec la vie en société et le développement de la citoyenneté, dont l’une sera consacrée aux «Modes de structurations traditionnelles dans la société algérienne», à travers une analyse de la «Siga», dans l'Ouest du pays, la «Azaba», dans la région de Ghardaïa, et «Thajmaath», en Kabylie.
A. O. T. et APS

Un programme riche, interactif et varié

Un programme riche et varié, axé sur l'interactivité et la participation, a été concocté pour la 15ème édition du festival Raconte-Arts, dont le coup d'envoi a été donné jeudi au village Tiferdoud (70 km au Sud-est de Tizi-Ouzou). Expositions, ateliers d'initiation, rencontres, ventes-dédicaces, conférences, débats, chants, musique et plusieurs autres activités pédagogiques sont au rendez-vous de ce cette manifestation festive qui s'étalera jusqu'au 26 juillet en cours. Comme à chaque édition, le Festival transforme en galerie à ciel ouvert le village accueillant et cette édition ne dérogera pas à la règle. Arts plastiques et photographies seront à l’honneur tout au long de la manifestation avec l'organisation d'un grand nombre d’expositions. Les "racontaristes" auront, également, l'occasion de découvrir les peintures de Amirouche Oumaziz, Sara Benadrouche, Karim Sadaoui, Fatiha Baitsa et en avant première nationale, l’exposition collective "Identités en tout genre", qui, à travers une soixantaine d’œuvre (peinture, sculpture, vidéo, photo, installations et performances), s’interroge sur les identités, les individualités transgressives et contre les discriminations. Issue d’une résidence organisée par l’ONG CISP et encadrée par Karim-Nazim Tidafi et Naili Arslan, cette exposition présentera les œuvres de onze jeunes artistes venus de tout le pays, dont Said Ayoub Cheurfa (Annaba), Lyes Kharbaoui (Souk Ahras), Manel Drareni et Louiza Belamri (Alger), Mounia Gadouchi (Constantine), Halim Stambouli et Haythem Ameur (Mostaganem), Merine Hadj Abderrahmane, Mouad Tia et Mustapha Achem (Sidi Bel Abbes). L'artiste Hocine Boukella (Sidi Bémol) sera aussi de la partie avec son exposition de caricatures intitulée "No comment", qui sera aux côtés de Karim Nazim Tidafi, avec "Le monde de Foulla" et Julien Cordier avec sa technique de "Street art-collage". Un mini marché de la production artisanale sera, également, organisé et permettra de découvrir des produits locaux et autres produits artisanaux. Il se partagera les ruelles du village avec des ateliers d’initiation à diverses disciplines artistiques, culturelles ou sociétales, destinées aux enfants comme aux adultes, qui seront animées, tous les jours de 10h00 à 12h00, par des artistes venus de partout. Tout au long de la durée de la manifestation, entre 10h00 et 13h00, la parole sera donnée aux auteurs et éditeurs, au niveau de l'ancienne école primaire du village, pour présenter leurs dernières œuvres ou éditions et débattre avec le public. Une panoplie d'auteurs a été invitée pour l'occasion dont Chawki Amari, Leila Aslaoui, Kheiredine Mourad Boudia, Dominique Devigne, Daho Djerbal, Akram El Kebir, Sarah Haider, Hnifa Hamouche, Lynda Koudache, Lazhari Labter, Arezki Metref, Mohamed Mebtoul, Amel Mehdi, Hadjira Oubachir, Nadjib Stambouli, Karim Younes et Amine Zaoui. Côté édition, plusieurs maisons d'édition seront, également, de la partie à l'image d'APIC, ANEP, Barzakh, Casbah, Dalimen, El Ibriz, Koukou, Routnahcom et Tira. Deux tables rondes seront organisées, dont l'une portera sur "La femme, un combat éternel pour l’amour et la liberté" animée par Samira Bendris avec la participation de Farida Safiddine et Lazhari Labter, et une autre sur "La question berbère aujourd’hui" qui sera animée par Arezki Metref avec la participation de personnalités de la culture.

Cinéma, théâtre, poésie et musique en OFF

Véritable "marque de fabrique" de ce festival, le OFF offre une multitude d'activités créatives concoctées par des artistes et programmées au fur et à mesure du déroulement du festival. Il fait appel à tous les genres artistiques et privilégie la spontanéité créative et les échanges interculturels. Plusieurs activités théâtrales sont prévues dans ce cadre avec, notamment, la troupe Igerawliwen (théâtre de rue), la troupe Smail Habbar qui présentera "Tawrent n tiherci" (La poudre d'intelligence) et du théâtre pour enfants avec la troupe Cerebro, sans oublier le théâtre d’ombre de Missoum Said et Yahiaoui Aouis Amine. Côté cinéma, des projections seront organisées dans le cadre du cinéma de proximité chez l’habitant ou dans les lieux de vie du village, avec notamment, la projection de "Briska" un film de la tunisienne Nadia Rais, "Jusqu’à la fin des temps" de Yasmine Chouikh et "Décharge interdite" de Tahar Yami. La poésie et les contes individuels et collectifs rempliront les ruelles et allées, les fontaines et divers endroits du village. Parmi eux notamment un conte musical de Phillipe Gilet et Chloé-Mélie Mazzani. La musique en toile de fond accompagnera les "racontaristes" tout au long du Festival aux rythmes des Karkabou de l’association Imekres de Ghardaia, des Gnawa de Blida, du Chaâbi de la troupe de la maison de jeunes de Mekla, de la musique afro-caribéenne apportée par Alice Raulo, des arrangements afro-espagnols offerts par le groupe Palabras et des jeunes artistes de Tunisie et plein d'autres surprises. Nouveauté de cette édition, la journée du dimanche 22 juillet sera consacrée aux activités artistiques présentées par les villageois eux-mêmes, qui sera clôturée par une déambulation nocturne aux bougies dans les ruelles du village. Et pour surplomber le tout et donner aux hôtes du plus haut village de la wilaya de Tizi-Ouzou (1197 mètres d'altitude) balayé "de vents hurlants", la Fédération algérienne de parapente propose aux plus téméraires des "racontaristes" des baptêmes de l’air.

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