Par DDK | 25 Juillet 2018 | 803 lecture(s)

Ighil Naït Ameur

Revoilà la barbe à papa !

Pour la plupart des enfants du village Ighil Naït Ameur, la barbe à papa, une confiserie obtenue avec du sucre transformé en filaments que l'on enroule autour d'un bâtonnet jusqu'à former une sorte de boule, constitue une véritable curiosité. Un commerçant de ce village situé à 10 kms du chef-lieu d'Ahnif, vient de poser cette petite machine miraculeuse au grand bonheur des enfants qui entourent ce point de vente en grand nombre afin d'acheter des "bouquets" de sucre soufflé. Émerveillés et comme scotchés devant ce nouveau spectacle, les enfants suivent attentivement avec de "grands" yeux innocents le vendeur en train de rouler ce «coton» autour d’un bâtonnet qu’il promène le long du bord du baquet central de la machine pour former des boules blanches immaculées ou coloriées au gré de la demande des chérubins. Ce commerce, qui a connu une véritable floraison vers les années 1980, tendait après à disparaître pour revenir de nos jours même si timidement comme par enchantement. Beaucoup d'adultes dans ce village se souviennent de cette "mystérieuse" machine de fabrication de "barbes" blanches sucrées et touffues enroulées autour de bâtonnets en papier ou en bois. «Cela me rappelle ma tendre enfance. En effet, dans les années 1980, je me souviens qu'on avait un marchand de barbe à papa qui ne désemplissait pas. Nous, enfants à cette époque, l’entourions en s'arrachant ces superbes boules qui fondent dans la bouche comme par magie suscitant un plaisir éphémère au palais. Peu d'enfants aujourd'hui connaissent cette machine qui égayait les fêtes foraines. Cette découverte restera gravée dans leur mémoire, comme cela l’a été pour nous», nous dit un habitant de ce village. La machine à barbe à papa a été inventée en 1897, et depuis, son principe de fonctionnement est resté le même. La machine qui fabrique cette confiserie se compose d'un baquet central qui tourne sur lui-même et dans lequel on dépose du sucre et du colorant alimentaire entouré d'un réceptacle. À l'intérieur du baquet, des résistances électriques qui chauffent le sucre jusqu'à la fusion. Du fait de la force centrifuge, le sucre fondu va s'échapper par de petits orifices placés au sommet du cône central. Au contact de l'air, bien plus frais que l'intérieur de la machine, ce sucre se solidifie sous forme de minces filaments, qu'un bâton va récupérer pour former la fameuse barbe à papa. Il est utile de signaler que cette activité a pratiquement disparu à travers toute la région du Sahel. Le point de vente d’Ighil Nath Ameur est l’unique dans toute la région. Dans la wilaya de Bouira, les commerçants à exercer encore cette activité sont à compter sur les doigts d’une seule main.

Y. Samir

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