Par DDK | 31 Juillet 2018 | 1039 lecture(s)

Ath Mansour

En attendant l’eau de Tilesdit…

Ath Mansour est parmi ces communes relevant de la wilaya de Bouira qui se trouve toujours aux prises avec la pénurie de l'eau potable sur les réseaux de distribution. L'alimentation à partir des eaux du barrage de Tilesdit se fait toujours attendre au grand dam des habitants de cette municipalité. L'eau est, de ce fait, rationnée sur les réseaux d'AEP, et ce, dans le souci de «satisfaire» tous les consommateurs. La présente saison estivale, caractérisée par une canicule qui perdure depuis des semaines déjà, n'est pas faite pour arranger les choses, car le niveau d'eau des forages de cette commune a baissé, ce qui induit un manque en volume de l'eau pompée. Cela se répercute, bien évidemment, sur la distribution de ce précieux liquide laquelle se trouve «ébranlée» et perturbée. Et pour remonter ce manque d'eau sur les réseaux d'alimentation, les ménages de cette localité se rabattent à leur corps défendant sur les citernes qu'ils payent rubis sur ongle. Pour ce faire, ils font appel aux colporteurs. Ces derniers ne sont pas toujours entreprenants, car ils «facturent» le transport de l'eau via leurs citernes tractées, à des tarifs jugés exagérés par le commun des citoyens de cette localité. «Payer jusqu'au dernier centime une citerne d'eau, d'un volume de 3000 litres, à 1500 da n'est pas donné à n'importe qui en ces temps de cherté et de dégringolade du pouvoir d'achat. Les colporteurs d'eau, et c'est le cas de le dire, profitent du désarroi dans lequel se trouvent les ménages pour «mettre le feu» à l'eau qu'ils transportent», regrette un habitant de Rodha, une bourgade située à 7 kms du chef-lieu communal d'Ath Mansour. Ainsi donc, l'or bleu s'est renchérit, ces derniers temps, dans ces contrées en proie à la crise chronique de l’eau potable qui ne fait que se prolonger en l'absence d'une solution durable à ce lancinant problème. Les colporteurs d'eau font ainsi leur loi, et les ménages sont obligés d'obtempérer et de s’incliner. Interrogé à ce sujet, le propriétaire d'une citerne tractée dira : «A vrai dire, les tarifs d'alimentation des foyers via la citerne de 3000 litres diffèrent. Ils dépendent de la distance. Ils sont compris dans la fourchette de 1200 à 1500 da maximum», relève-t-il. Généralement, les colporteurs d'eau travaillent beaucoup plus avec les auto-constructeurs qui ont besoin de grandes quantités d'eau pour leurs chantiers privés. Les foyers dépourvus ou en manque d'eau sollicitent également les services de ces personnes qui passent leur journée à acheminer l'eau d'un point à l'autre. Néanmoins, cette eau, même si elle est puisée des puits environnants, demeure toujours sujette à soucis, en ce sens que sa consommation directe pourrait exposer à des maladies telles que les redoutables MTH. Il est de ce fait conseillé aux ménages, qui n'ont pas d'autres choix que de la consommer, de procéder à sa javellisation, à titre de prévention.

Y Samir.

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