Par DDK | 5 Aout 2018 | 744 lecture(s)

Tamelaht

Un été morne !

En plus de leur isolement et déshérence, les villages situés dans la région charnière de Tamellaht ressemblent beaucoup plus à des purgatoires, où les jeunes, cette frange importante de la société, vivent très mal cette période des vacances d'été. Le manque de lieux et d'espaces de loisirs pèse lourdement sur le quotidien de centaines de jeunes et d'enfants issus de ces villages isolés. Dans ces patelins, à l'instar d'Ighil Naït Ameur, Tameziaft, Ighzer Oumeziav, Bourelmal, Tikesraï pour ne citer que ces derniers, il n’y a pas le moindre terrain ou salle de sport digne de ce nom pour combler les vastes loisirs des jeunes de ces villages. Seuls des terrains vagues servant peut-être à tout sauf à la pratique du sport, notamment du football, existent dans ces contrées oubliées. Ces derniers sont aménagés par la seule volonté et bras "unis" des jeunes pour tenter de juguler cette situation faite de marasme et de léthargie. «C'est vraiment le calvaire dans notre village à l'arrivée de la saison estivale. Il y a toute une litanie d'insuffisances qui se rapportent aux loisirs et à la chose culturelle dans le village de Tikesraï, où il n'y a ni foyer de jeunes, ni aires de jeux, ni tout autre lieu de distraction. Nous passons nos journées à rouler les pouces, à effectuer quelques bricolages chez nous et à sortir de temps en temps ailleurs vers d'autres localités, pour changer un peu d'air, sinon c'est la monotonie et la mal vie qui nous happent dans notre patelin en proie à l'enclavement et aux carences en tout genre», déplore un jeune de Tikesraï. Malheureusement, c'est le même topo dans tous les villages de Tamellaht, où la vie devient de plus en plus insupportable. L'absence de terrains de proximité et d’aires de jeux contraint les enfants, notamment, à jouer dans la rue, sur la chaussée même, en s'exposant aux dangers de la circulation automobile. A l'arrivée des vacances scolaires, les élèves des différents paliers éducatifs, au niveau de cette région, s'ennuient à mourir surtout ceux qui sont issus du milieu modeste, lesquels ne peuvent pas s'offrir des jours ou des séjours au bord de la mer.

Y. S

0