Par DDK | 8 Aout 2018 | 1021 lecture(s)

SELLOUM - Sans assainissement ni éclairage

Tagnits n'aït Hamou, toujours à l’ère des fosses septiques

Le quartier périphérique de Selloum Tagnits n'Ait Hamou a bénéficié de peu de projets de développement ces dernières années. Situation qui s’est répercutée sur la cadre de vie des habitants. Tagnits n’Ait Hamou est une cité de quelques 35 foyers qui enregistre beaucoup d’insuffisances comme l'absence de l'indispensable réseau d'assainissement, dont l'ancien ouvrage, réalisé par les résidents par leurs propres moyens, il y a une vingtaine d'années, a atteint ses limites et affiche une dégradation fort avancée. De multiples avaries y sont signalées et les eaux usées coulent à ciel ouvert entre les maisons et inondent l'unique voie d’accès qui est, elle-même déplorable, une route en terre battue poussiéreuse en été, boueuse en hiver. Les résidents que nous avons rencontrés samedi dernier se disent complètement oubliés par les pouvoirs publics. Nos interlocuteurs soulignent tout particulièrement le problème d’alimentation en électricité. Selon eux, le raccordement au réseau d’électricité a été réalisé par eux-mêmes à l'aide de supports de fortune sans respect aucun des normes de sécurité. Par endroits, les câbles sont arrimés à des oliviers. C'est un miracle qu'aucun accident grave ne se soit encore produit sur cet ouvrage...sauvage au sens large du terme. Exception faite de l'AEP et du gaz naturel, et des constructions modernes, ce quartier est un réel hameau primitif. Nos interlocuteurs affirment avoir saisi toutes les autorités à propos de ces manques à gagner sur le plan développement sans qu'aucune suite ne leur soit accordée à ce jour. Il est utile de souligner que ce village Selloum, deuxième importante agglomération de la commune d'Aghbalou, avec une population qui frôle les 4000 habitants, est un village sinistré au sens propre du terme avec d’effroyables mouvements géologiques survenus depuis trois (03) ans, qui ont entraîné des quartiers entiers et engloutis pas moins de six (06) habitations. Il y a aussi tous ces ouvrages souterrains à travers toutes les rues et ruelles dont la remise en l'état n'a jamais été effectuée, après le passage des divers réseaux (eau, gaz et fibre optique). Un état de fait aggravé par l'érosion, et ce, à cause d'une importante gravitation de ce village de montagne, ce qui achève de donner à ces lieux un décor d’apocalypse. Le boulevard central traversant le village sur une distance de trois (03) kms, est dans un état de dégradation très avancée. La violente érosion qui touche le village, et l’absence de remise en l’état de ce tronçon de la RN 15 après le passage de divers réseaux, a transformé la route en véritable ravin. Il est utile de préciser que cette route est très importante et hautement stratégique. Elle relie la wilaya de Bouira à Tizi-Ouzou via le col de Tirourda, et enregistre l'un des plus intenses trafics routiers de la région. Si rien n’est entrepris, cette route ne tardera pas à être fermée a la circulation. Notons enfin que les sinistrés du mouvement géologique n'ont pas été recasés à ce jour. Il fut un temps, soit immédiatement après cette catastrophe, où il a été question d'une délocalisation du quartier touché vers une proche assiette de terrain relevant du domaine public, avant que ce projet ne soit relégué aux oubliettes. Abordé à ce sujet, l'actuel maire de cette municipalité M. Hamoum Nacer dira qu'il envisage d'aménager un cimetière communal en ces lieux, prétextant que l'ancien cimetière de ce village est saturé. Encore faudra-t-il d’abord reloger toutes les familles qui sont dans ce quartier.

Oulaid Soualah

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