Par DDK | 11 Aout 2018 | 1253 lecture(s)

Vallée du Sahel - Les cortèges nuptiaux croisent les cortèges funéraires

L’été, entre fêtes et drames

Les mois de juillet et août sont sans conteste la période la plus animée de l'année. A commencer par les bruyantes fêtes en séries dans villes et villages. Dans la vallée du Sahel, comme à travers toute la Kabylie, le décor planté depuis plusieurs semaines est partout le même. On fête n'importe quoi à coup de pétards, fusées, musique robotique lâchée H24 à plein décibels. Et tous les arguments sont bon pour se lancer dans des festivités qui durent chacune deux à trois jours et jusqu’à des heures tardives de la nuit, parfois jusqu’aux aurores. Des célébrations qui génèrent beaucoup de nuisances et de tapage nocturne, en totale transgression avec les règles du voisinage. Pourtant, les lois en la matière sont claires ; au delà de 22h, tous excès de bruit est assimilé à du tapage nocturne. Ce genre de comportement est puni par la loi, si les lois étaient respectées. En été, on fête presque tout. Cela va de la réussite scolaire des quatre paliers, aux naissances, aux circoncisions, aux anniversaires, fiançailles et mariages. Ces cérémonies ont un coût et celui-ci est souvent exorbitant. Mais cela n’empêche pas les familles de mettre la main à la poche en puisant dans les dernières économies allant jusqu’à contracter des dettes. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, tout cela se passe dans un contexte social et économique difficile pour des pans entiers de la société. Un contexte qui, faut-il le souligner, est marqué par la cherté de la vie, l'inflation tous azimuts et une chute libre du niveau de vie.

Quand la joie côtoie le deuil

L’autre fait marquant de cet été 2018 dans la région, c’est le taux élevé de décès, parfois dramatiques, enregistré notamment dans les agglomérations à forte concentration démographique. En effet, à M’chedallah comme à travers la wilaya, il ne se passe pas un jour sans qu'un décès ne soit annoncé par voie d'affichage au niveau des places publiques. Et rares sont ceux qui sont décédés de mort naturelle. On y retrouve ceux morts dans des accidents de circulation qui triplent en cette période estivale, des suicides, des noyades et des personnes âgées hypertendues, diabétiques, asthmatiques foudroyées par les pics de chaleur et les longues canicules. Des jeunes meurent aussi noyés à la mer, et autres bassins d’eau. Dans le village de Selloum, dans la commune d’Aghbalou en moins de 48h, quatre jeunes âgés entre 20 et 30 ans ont trouvé la mort par accident de circulation. Dans la même semaine, un quadragénaire s’est noyé dans un bassin d’eau sur les hauteurs d'Aghbalou. Il arrive souvent que des cortèges bruyants des fêtards se croisent avec ceux silencieux transportant un mort, reconnaissables aux feux de détresse des véhicules mis en marche. Comme il arrive aussi souvent que dans un même quartier on y comptabilise plusieurs fêtes et décès en même temps. L’été est aussi marqué par un retour massif des émigrés et ceux travaillant hors région qui viennent en vacances. Sur les routes, une augmentation sensible du parc automobile est aussi constatable au niveau de la circulation routière, vu que la majorité des vacanciers notamment les émigrés arrivent avec des véhicules. Sur l’autoroute Est Ouest et les routes nationales traversant la région, la circulation est très dense et le véhicules immatriculés à l’étranger sont nombreux. Cette augmentation du parc auto est souvent à l’origine de bouchons et surtout d’accidents de circulation. O. S.

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