Par DDK | 14 Aout 2018 | 1052 lecture(s)

M'chedallah - Transport des voyageurs

L’anarchie règne

Le transport de voyageurs dans la daïra de M’Chedallah évolue dans une totale anarchie, faute d'organisation et de suivi sur le terrain.

Cette situation se répercute directement sur les milliers d’usagers qui empruntent ces transports en commun au quotidien. Parmi les nombreuses carences qu’enregistre ce secteur, l’on peut citer l'absence de véritables arrêts et surtout d’abribus. En effet, pratiquement tous les arrêts de bus existants aux quatre coins de la daïra de M’chedallah ne sont que des terrains vagues qui ne disposent d’aucune commodité. C’est le cas des arrêts desservant les communes de Saharidj et d’Aghbalou. Le premier cité n’est en fait qu’un vague espace situé à la sortie nord de la ville de M’chedallah, sans la moindre chose pouvant le rendre identifiable en tant qu’arrêt, pas un banc, et encore moins un moyen d’abriter les voyageurs de la pluie ou des rayons du soleil. Ceux sis à Ahnif, Chorfa et Ath Mansour sont dans la même situation. Sur les lignes desservant Raffour, Chorfa, Aghbalou, Ahnif et Ath Mansour à partir du chef-lieu de daïra M’chedallah, les abribus sont quasi inexistants. Ce qui reste des quelques mobiliers installés il y a de cela des décennies est, soit dégradé ou a carrément disparu. A cela vient s’ajouter les innombrables arrêts sauvages qui se font à la demande et selon les caprices du client, sans tenir compte du danger que cela peut représenter pour les voyageurs. Le cas de l’arrêt situé aux quatre chemins de Chorfa est édifiant. Celui-ci n’a aucune existence officielle. Cet arrêt sauvage a été improvisé par des transporteurs clandestins desservant Tiksiridene, Selloum et Takerboust à partir de Chorfa. Officiellement, ces lignes elles-mêmes n’existent pas. Les intervenants squattent depuis plusieurs décennies les accotements de la RN 15 où ils embraquent et débarquent les usagers. Le carrefour est bondé de fourgons et d’usagers. Ni quais de stationnement, ni abribus. En ces temps de chaleurs, les usagers attendent parfois près d’une heure sous un soleil de plomb. Les familles n’ont d’autre choix que de brûler au soleil ou bouillir à l’intérieur des fourgons. Les hommes se refugient à l’intérieur d’une cafeteria jouxtant ce soit disant arrêt. Cet arrêt pourtant des plus importants de la daïra en terme de fréquentation, n’a pas été régularisé à ce jour pour permettre d’espérer son aménagement. Cet état de fait perdure depuis les années 90.

Les transporteurs de voyageurs absents les week-ends

Ce qui pénalise le plus les usagers, surtout en cette période estivale, c’est la désertion de ces arrêts durant les week-ends par les transporteurs. A la station du chef-lieu de daïra de M’chedallah, si l'on constate une timide présence de fourgons durant la journée du samedi, les vendredis, par contre, l’arrêt est quasiment vide. Idem pour les arrêts des autres communes. Du coup, les nombreux voyageurs se retrouvent livrés à eux-mêmes, coincés au niveau de ces arrêts vides à poiroter des heures durant avant de rebrousser chemin. C’est ainsi chaque week-end, notamment à l’arrêt sis à Bouaklane, à la sortie sud de la ville de M’chedallah. La situation s'aggrave durant la saison estivale du fait que les véhicules de transport de voyageurs sont pour la plupart réquisitionnés pour des sorties et des excursions. A l’arrêt de Bouaklane pour exemple, il est fréquent de voir des vieillards et des femmes avec des nourrissons à la recherche de la moindre ombre pour les soustraire aux dards mordant d'un soleil caniculaire. Les voyageurs qui empruntent les lignes qui desservent les villages de haute montagne, à l’image de ceux situés dans les communes de Saharidj et d’Aghbalou, à partir du chef lieu de daïra, sont ceux qui souffrent le plus. Toute la semaine et pendant toute la durée de la saison chaude qui s'étend sur une bonne partie de l'année, la rareté du transport intervient entre 11 h du matin et 15 h de l’après-midi. L’activité de transport est pourtant régie par des lois, mais aucun transporteur ne s’en soucie. Les services de l'État, en l’occurrence, les directions du transport, devraient intervenir pour mettre un terme à ce chaos, et les services de sécurité sont tout autant interpellés pour combattre les fraudeurs qui ne garantissent aucunement la sécurité des passagers tout en constituant une concurrence déloyale aux transporteurs réglementaires.

Oulaid Soualah

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