Par DDK | 28 Aout 2018 | 656 lecture(s)

Ahnif

Manque de transport vers Tamellaht

Condamnés, on dirait, à vivre comme dans un purgatoire, les habitants de la région de Tamellaht, dans la commune d'Ahnif, endurent encore les affres du manque de transport de voyageurs. Si le village Ighil Nath Ameur, par exemple, tire son épingle du jeu, il n'en est pas le cas pour les autres bourgades comme Tameziaft, Ighil Nait Rayou, Tikesraï ou encore Ighzer Oumeziav, pour ne citer que celles-ci, où, le transport de voyageurs y brille par son absence. Cette situation n'est pas sans conséquences sur le quotidien déjà peu reluisant des habitants de cette région charnière, située au sud de la commune d'Ahnif. Aux multiples problèmes auxquels sont confrontés ces villages, comme la pénurie de l'eau potable, les dangers du terrorisme islamiste, le manque de débouchés de travail, l'absence d’espaces de loisirs et de culture, les carences en aménagement urbain et bien d'autres insuffisances, vient se greffer l'absence du transport de voyageurs. Évidemment, les habitants véhiculés ne sont pas concernés par ce problème, ce sont plutôt les démunis qui sont touchés de plein fouet. «Le problème de transport de voyageurs nous complique la vie. Dans notre village, il faut compter sur l'auto-stop ou marcher jusqu'au CW11 pour espérer prendre un fourgon ou louer un clandestin», déplore un habitant d’Ighil Naït Rayou. Ce problème qui persiste encore dans ces contrées enclavées et déshéritées est dû à l'absence de desserte desdits villages par les rares transporteurs encore en activité dans cette région. Beaucoup d'entre ces derniers ont boudé ces contrées à cause des charges liées à l'état délabré des routes et à la concurrence déloyale, entre autres. «Le nombre de transporteurs vers Tamellaht ne cesse de baisser, jusqu'à créer un véritable déficit. En sus, ceux qui sont encore en exercice, ne sont pas tous réguliers, car ils font des navettes de façon désordonnée. Il arrive souvent de ne trouver aucun fourgon à l'arrêt, comme pendant les deux jours de l'Aïd El-Adha. C’est devenu un véritable casse-tête dans notre région. Du coup, certains clandestins profitent pour mettre le feu aux tarifs de location pour la moindre course, et les habitants n'ont d'autres choix que de payer rubis sur ongle les prix exigés», déclare amèrement un habitant du village Tameziaft.

Y. Samir

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