Par DDK | 1 Septembre 2018 | 716 lecture(s)

Vallée du Sahel - Plantes médicinales et aromatiques

Un marché en expansion

Ils sont une poignée d'hommes à sillonner inlassablement les différentes localités de la vallée du Sahel des touffes d'herbes aromatiques aux bras. Ce sont les vendeurs ambulants des plantes médicinales et aromatiques qui proposent aux passants leurs produits. Loin d'être des guérisseurs, ils vendent des herbes consommées par tous les ménages en cas de petits bobos, et utilisées comme remède à certains maux passagers comme les nausées, la faiblesse, la fatigue…Parmi ces vendeurs ambulants, ce septuagénaire que nous avons croisé récemment dans la rue, à M'chedallah. Il vend à la criée, et ce, depuis des années déjà, ses plantes en sillonnant les artères de cette ville. Il vend des touffes d'armoise, de thym, de menthe, de basilic, d'origan, et bien d'autres plantes aux multiples usages (cuisine, médecine...). Bien entendu, avec la cherté ambiante et la chute du pouvoir d'achat, notre «herboriste» n’a pas besoin de faire la «réclame» ou louer les bienfaits de ses produits, connus de tous, pour les vendre un peu plus cher que d'habitude. Il n’y a pas longtemps, il vendait une touffe d'armoise, par exemple, à 50 DA. Actuellement, le prix a doublé pour atteindre les 100 DA la touffe. «Les prix que je pratique ne sont guère exagérés, car je parcours de longues distances pour cueillir ces plantes dans les montagnes et les forêts avoisinantes, là où il n'y a pas de pollution. Les plantes aromatiques et médicinales que je ramène gardent toute leur saveur et pureté. A mon âge, je devais profiter de ma retraite et couler des jours paisibles, mais vu ma faible pension, je suis obligé de vendre ces plantes pour joindre les deux bouts», nous confie sur une pointe de dépit ce vendeur qui frôle les 70 ans. Avec le changement du mode de vie, et l'éloignement des habitants de la nature et de l'environnement, ces plantes sont de moins en mois cueillies par les ménages, et ce, pour diverses raisons. Au point où elles se vendent actuellement au prix fort. L'espace sauvage a aussi perdu beaucoup du terrain, d'où la disparition de ces plantes sur un large spectre de superficies. Autrefois, se souviennent les personnes âgées, «chaque maison avait sa boutique de plantes médicinales et aromatiques, on avait à sa portée que ce soit le romarin, l'armoise, le genévrier, la sarriette, le serpolet et bien d'autres plantes sauvages, et ce, pour leur vertus médicinales et leur usage en cuisine», nous dit-on.

Y. S.

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